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	<title>Secuestro &#8211; The Observatory For Defenders</title>
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	<title>Secuestro &#8211; The Observatory For Defenders</title>
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	<item>
		<title>Côte d’Ivoire : Le procès en appel du syndicaliste Ghislain Assy Duggary doit être équitable</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yasmine Louanchi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 May 2025 08:48:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[L'Observatoire a été informé de l’enlèvement, de la détention arbitraire et du harcèlement judiciaire de M. <strong>Ghislain Assy Yapo dit Duggary,</strong> instituteur et Secrétaire à la communication du syndicat « <a href="https://www.facebook.com/groups/2594606787509831/" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1442947305">Mouvement des Enseignants pour la Dynamique de la Dignité</a> » (MEDD) à Abidjan.

Dans la nuit du 2 au 3 avril 2025 à 1h00 du matin, M. Duggary a été enlevé à son domicile devant sa compagne et sa fille par quatre individus encagoulés qui se sont présentés comme des policiers mais l'ont interpellé sans mandat d’arrêt. Ces individus ont confisqué les portables de sa fille et de sa compagne ainsi que des documents appartenant à M. Duggary sans dresser de procès-verbal de perquisition.

Vers 2h00 du matin, M. Duggary a été conduit à la Préfecture de police d’Abidjan sans pouvoir informer ses proches de sa localisation. Aux alentours de 5h00 du matin, il a été interrogé sans avoir accès à un avocat pour l’assister, et sans avoir connaissance des charges pour lesquelles il avait été arrêté. Il a été maintenu à la Préfecture de police sans que la garde à vue ne lui soit signifiée. Le 3 avril 2025, le père de M. Duggary s’est rendu à la Préfecture de police pour lui rendre visite mais les agents de la Préfecture ont affirmé que son fils n’y avait jamais été détenu.

Le 4 avril, M. Duggary a été déféré devant le Procureur de la République d’Abidjan. Il a alors été autorisé à contacter sa famille et à être assisté d’un avocat. En présence de son avocat, on lui a notifié qu’il sera poursuivi selon la procédure de flagrant délit.

Le 8 avril 2025, M. Duggary a été présenté au Tribunal de première instance d’Abidjan qui l’a reconnu coupable de « coalition d’agents publics » (article 224 du Code pénal) et d’« entrave au fonctionnement des services publics de l’État » (article 269-277 du Code pénal) et l’a condamné à deux ans de prison ferme et un million de Francs CFA d’amende (environ 1 524 Euros). M. Duggary a été condamné bien que son avocat ait réclamé la nullité du procès-verbal de l’enquête préliminaire au vu des conditions dans lesquelles a été menée l’enquête et de l’enlèvement de M. Duggary, qui a violé plusieurs dispositions du Code de procédure pénale ivoirien, en particulier l’article 140 sur l’obligation de présenter un mandat pour interpeller l’intéressé, l’article 116 sur la nécessité de dresser un procès-verbal lors d’une perquisition et l’article 90 relatif au droit à l’assistance d’un avocat.

Le 9 avril 2025, M. Duggary a interjetté appel de sa condamnation et est resté détenu au Pôle pénitentiaire d’Abidjan, en attente de sa nouvelle audience.

Le 7 mai 2025, la Cour d’Appel d’Abidjan a prononcé sa remise en liberté provisoire avant l’audience sur le fond qui aura lieu le 11 juin 2025.

L’Observatoire constate que l’enlèvement, la précédente détention et la condamnation de Ghislain Duggary ne semblent viser qu’à le sanctionner pour ses activités légitimes de défense des droits sociaux-économiques. Le syndicat dont M. Duggary assure la communication, le MEDD, avait déposé un préavis de grève le 26 mars 2025, conformément à la législation en vigueur, pour une entrée en grève le 3 avril 2025. L’objectif était de réclamer le paiement d’une prime d’incitation pour les enseignant.es comme celle dont bénéficient les autres fonctionnaires ivoirien·nes. Le droit syndical et le droit de grève de M. Duggary, respectivement consacrés par les articles 23 et 24 de la loi n°2023-892 du 23 novembre 2023 portant Statut général de la Fonction Publique, ainsi que par l'article 18 de la Constitution ivoirienne, ont donc été violés lors de cette procédure.

En juillet 2024, le <a href="https://docstore.ohchr.org/SelfServices/FilesHandler.ashx?enc=H94o4hAOfW6JByEyNvCMuDoDp332d6ZfGAQYpkwayq0i1a3QXp%2FG7V9GqTGRclLXqJjxkHh2G3cUQPjumrkIBg%3D%3D" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1442947306">Comité des Nations unies contre la Torture</a> avait exprimé sa vive préoccupation quant à l’absence de toutes les garanties juridiques fondamentales accordées aux personnes en détention dès le début de leur privation de liberté et l’usage fréquent de dispositions pénales pour réprimer les opinions dissidentes en Côte d'Ivoire.

L’Observatoire appelle les autorités de Côte d'Ivoire à cesser tout harcèlement judiciaire et intimidations à l’encontre de M. Duggary et de tou·tes les syndicalistes, dont le rôle de défense des droits des travailleur·ses est essentiel. Les autorités ivoiriennes doivent urgemment se conformer à la <a href="https://ci-ddh.org/wp-content/uploads/2016/09/Loi-portant-promotion-et-protection-des-d%C3%A9fenseurs-des-droits-de-lhomme.pdf" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1442947307">loi n°2014-388 du 20 juin 2014 relative à la promotion et à la protection des défenseurs en Côte d'Ivoire</a>, dont l’article 5 dispose qu’aucun·e défenseur·e ne peut être poursuivi·e en raison d’opinions émises dans l’exercice de ses activités. M. Duggary doit pouvoir accéder à tous les recours juridictionnels et non-juridictionnels disponibles afin que la décision de sa condamnation puisse faire l’objet d’une révision équitable par un juge indépendant afin de favoriser son acquittement immédiat.

À l’approche des élections présidentielles en Côte d’Ivoire prévues pour octobre 2025, l’Observatoire s’alarme de la dangereuse tendance des autorités ivoiriennes à criminaliser les syndicats et les organisations de défense des droits humains. En ce sens, l'Observatoire appelle au retrait de l’ordonnance du 12 juin 2024 prévoyant la dissolution de toute organisation qui diffuserait des accusations contre les autorités. Cette ordonnance <a href="https://www.omct.org/fr/ressources/blog/omct-test#entry:482207@3:url" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1442947308">facilite le harcèlement judiciaire des défenseur·es</a> qui dénoncent les abus et violations des droits humains perpétrés par le gouvernement. La Côte d'Ivoire doit garantir au plus vite un environnement sûr à l’exercice de la participation populaire et au dialogue social afin de permettre la tenue d’élections transparentes, justes et libres dans le pays, conformément à <a href="https://au.int/sites/default/files/treaties/36384-treaty-0034_-_african_charter_on_democracy_elections_and_governance_f.pdf" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1442947309">la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance</a>.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[L'Observatoire a été informé de l’enlèvement, de la détention arbitraire et du harcèlement judiciaire de M. <strong>Ghislain Assy Yapo dit Duggary,</strong> instituteur et Secrétaire à la communication du syndicat « <a href="https://www.facebook.com/groups/2594606787509831/" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1442947305">Mouvement des Enseignants pour la Dynamique de la Dignité</a> » (MEDD) à Abidjan.

Dans la nuit du 2 au 3 avril 2025 à 1h00 du matin, M. Duggary a été enlevé à son domicile devant sa compagne et sa fille par quatre individus encagoulés qui se sont présentés comme des policiers mais l'ont interpellé sans mandat d’arrêt. Ces individus ont confisqué les portables de sa fille et de sa compagne ainsi que des documents appartenant à M. Duggary sans dresser de procès-verbal de perquisition.

Vers 2h00 du matin, M. Duggary a été conduit à la Préfecture de police d’Abidjan sans pouvoir informer ses proches de sa localisation. Aux alentours de 5h00 du matin, il a été interrogé sans avoir accès à un avocat pour l’assister, et sans avoir connaissance des charges pour lesquelles il avait été arrêté. Il a été maintenu à la Préfecture de police sans que la garde à vue ne lui soit signifiée. Le 3 avril 2025, le père de M. Duggary s’est rendu à la Préfecture de police pour lui rendre visite mais les agents de la Préfecture ont affirmé que son fils n’y avait jamais été détenu.

Le 4 avril, M. Duggary a été déféré devant le Procureur de la République d’Abidjan. Il a alors été autorisé à contacter sa famille et à être assisté d’un avocat. En présence de son avocat, on lui a notifié qu’il sera poursuivi selon la procédure de flagrant délit.

Le 8 avril 2025, M. Duggary a été présenté au Tribunal de première instance d’Abidjan qui l’a reconnu coupable de « coalition d’agents publics » (article 224 du Code pénal) et d’« entrave au fonctionnement des services publics de l’État » (article 269-277 du Code pénal) et l’a condamné à deux ans de prison ferme et un million de Francs CFA d’amende (environ 1 524 Euros). M. Duggary a été condamné bien que son avocat ait réclamé la nullité du procès-verbal de l’enquête préliminaire au vu des conditions dans lesquelles a été menée l’enquête et de l’enlèvement de M. Duggary, qui a violé plusieurs dispositions du Code de procédure pénale ivoirien, en particulier l’article 140 sur l’obligation de présenter un mandat pour interpeller l’intéressé, l’article 116 sur la nécessité de dresser un procès-verbal lors d’une perquisition et l’article 90 relatif au droit à l’assistance d’un avocat.

Le 9 avril 2025, M. Duggary a interjetté appel de sa condamnation et est resté détenu au Pôle pénitentiaire d’Abidjan, en attente de sa nouvelle audience.

Le 7 mai 2025, la Cour d’Appel d’Abidjan a prononcé sa remise en liberté provisoire avant l’audience sur le fond qui aura lieu le 11 juin 2025.

L’Observatoire constate que l’enlèvement, la précédente détention et la condamnation de Ghislain Duggary ne semblent viser qu’à le sanctionner pour ses activités légitimes de défense des droits sociaux-économiques. Le syndicat dont M. Duggary assure la communication, le MEDD, avait déposé un préavis de grève le 26 mars 2025, conformément à la législation en vigueur, pour une entrée en grève le 3 avril 2025. L’objectif était de réclamer le paiement d’une prime d’incitation pour les enseignant.es comme celle dont bénéficient les autres fonctionnaires ivoirien·nes. Le droit syndical et le droit de grève de M. Duggary, respectivement consacrés par les articles 23 et 24 de la loi n°2023-892 du 23 novembre 2023 portant Statut général de la Fonction Publique, ainsi que par l'article 18 de la Constitution ivoirienne, ont donc été violés lors de cette procédure.

En juillet 2024, le <a href="https://docstore.ohchr.org/SelfServices/FilesHandler.ashx?enc=H94o4hAOfW6JByEyNvCMuDoDp332d6ZfGAQYpkwayq0i1a3QXp%2FG7V9GqTGRclLXqJjxkHh2G3cUQPjumrkIBg%3D%3D" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1442947306">Comité des Nations unies contre la Torture</a> avait exprimé sa vive préoccupation quant à l’absence de toutes les garanties juridiques fondamentales accordées aux personnes en détention dès le début de leur privation de liberté et l’usage fréquent de dispositions pénales pour réprimer les opinions dissidentes en Côte d'Ivoire.

L’Observatoire appelle les autorités de Côte d'Ivoire à cesser tout harcèlement judiciaire et intimidations à l’encontre de M. Duggary et de tou·tes les syndicalistes, dont le rôle de défense des droits des travailleur·ses est essentiel. Les autorités ivoiriennes doivent urgemment se conformer à la <a href="https://ci-ddh.org/wp-content/uploads/2016/09/Loi-portant-promotion-et-protection-des-d%C3%A9fenseurs-des-droits-de-lhomme.pdf" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1442947307">loi n°2014-388 du 20 juin 2014 relative à la promotion et à la protection des défenseurs en Côte d'Ivoire</a>, dont l’article 5 dispose qu’aucun·e défenseur·e ne peut être poursuivi·e en raison d’opinions émises dans l’exercice de ses activités. M. Duggary doit pouvoir accéder à tous les recours juridictionnels et non-juridictionnels disponibles afin que la décision de sa condamnation puisse faire l’objet d’une révision équitable par un juge indépendant afin de favoriser son acquittement immédiat.

À l’approche des élections présidentielles en Côte d’Ivoire prévues pour octobre 2025, l’Observatoire s’alarme de la dangereuse tendance des autorités ivoiriennes à criminaliser les syndicats et les organisations de défense des droits humains. En ce sens, l'Observatoire appelle au retrait de l’ordonnance du 12 juin 2024 prévoyant la dissolution de toute organisation qui diffuserait des accusations contre les autorités. Cette ordonnance <a href="https://www.omct.org/fr/ressources/blog/omct-test#entry:482207@3:url" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1442947308">facilite le harcèlement judiciaire des défenseur·es</a> qui dénoncent les abus et violations des droits humains perpétrés par le gouvernement. La Côte d'Ivoire doit garantir au plus vite un environnement sûr à l’exercice de la participation populaire et au dialogue social afin de permettre la tenue d’élections transparentes, justes et libres dans le pays, conformément à <a href="https://au.int/sites/default/files/treaties/36384-treaty-0034_-_african_charter_on_democracy_elections_and_governance_f.pdf" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1442947309">la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance</a>.]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Burkina Faso : Disparition forcée des défenseurs de droits humains Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo</title>
		<link>https://observatoryfordefenders.org/es/alert/burkina-faso-disparition-forcee-des-defenseurs-de-droits-humains-miphal-ousmane-lankoande-et-amadou-sawadogo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yasmine Louanchi]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 May 2025 16:25:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[L'Observatoire a été informé de l’enlèvement et de la disparition forcée de Messrs. <strong>Amadou Sawadogo,</strong> cadre de la région du centre au sein du mouvement citoyen « Balai citoyen », et <strong>Miphal Ousmane Lankoandé, </strong>sociologue et secrétaire exécutif du même mouvement. Créé le 25 août 2013, le Balai citoyen a pour vision de « faire du Burkina Faso, une société juste et intègre, dans un État de droit démocratique ».

Le 20 mars 2025, Amadou Sawadogo a été convoqué au service régional de la sûreté de l’État à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, en raison de ses prises de position critiques sur le réseau social Facebook, où il a été interrogé et contraint de révéler les domiciles de deux autres militants désormais en clandestinité. Le lendemain, le 21 mars 2025, après s’être rendu à une seconde convocation au même service, il a été porté disparu, sans que les autorités ne fournissent d’explications ou sa localisation.

Le 30 mars 2025, Miphal Ousmane Lankoandé a été enlevé aux alentours de 11h45 devant son domicile dans le quartier Karpala, à Ouagadougou. L’incident s’est produit à son retour de Cotonou, capitale du Bénin, où il a participé à la première édition de l’école de l’activisme organisée du 24 au 28 mars 2025 par la Fondation de l’innovation pour la démocratie. Des hommes armés se présentant comme des gendarmes l’ont enlevé devant son épouse. Malgré les démarches répétées d’avocats auprès des institutions publiques, aucune information à son sujet ne leur a été communiquée.

Au moment de la publication de cet Appel Urgent, le sort et la localisation d‘Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé restent inconnus et leurs familles et collègues restent sans nouvelles.

L’Observatoire rappelle que d’autres membres du mouvement Balai citoyen ont <a href="https://www.fidh.org/IMG/pdf/20250219_fidh_rapport-obs-sahel_fr.pdf" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1439689538">précédemment</a> fait l’objet d’arrestations en dehors de tout cadre légal. Me <strong>Guy Hervé Kam</strong>, avocat et défenseur des droits humains, cofondateur du Balai citoyen, a été arrêté le 24 janvier 2024 à l’aéroport international de Ouagadougou par la Sûreté nationale, alors qu’il rentrait d’un voyage professionnel, en violation des dispositions réglementaires de l’Union économique et monétaire Ouest Africaine (UEMOA) régissant la convocation, l’arrestation ou la détention des avocats. Il a par la suite été relâché puis arrêté de nouveau à deux reprises et est actuellement inculpé et détenu arbitrairement pour « complot et association de malfaiteurs ». Les membres du Balai citoyen <strong>Rasmané Zinaba</strong> et <strong>Bassirou Badjo</strong> ont quant à eux été enlevés et enrôlés de force dans l’armée burkinabè les 20 et 21 février 2024 respectivement, et sont toujours au front au moment de la publication de cet Appel Urgent, malgré une décision du Tribunal administratif de Ouagadougou du 6 décembre 2023, ordonnant la suspension de leur ordre de réquisition.

L’Observatoire rappelle par ailleurs que les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso accentuent leur répression contre les défenseur·es des droits humains et les journalistes, par le biais notamment d’enlèvements ciblés. C’est le cas des journalistes <strong>Guezouma Sanogo</strong>, président de l’Association des journalistes du Burkina Faso (AJB), <strong>Boukary Ouoba</strong>, vice-président de l’AJB, et <strong>Luc Pagbeguem</strong>, du média en ligne BF1 qui ont été <a href="https://www.fidh.org/fr/themes/defenseurs-des-droits-humains/burkina-faso-enlevement-et-disparition-forcee-des-journalistes" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1439689539">enlevés</a> le 24 mars 2025, ainsi que des journalistes <strong>Kalifara Sere</strong>, administrateur et chroniqueur du média en ligne BF1 enlevé le 19 juin 2024, <strong>Serges Oulon</strong>, journaliste d’investigation enlevé le 24 juin 2024 et <strong>Bayala Adama</strong>, chroniqueur enlevé le 28 juin 2024. Ils restent tous portés disparus au moment de la publication de cet Appel Urgent.

L’Observatoire rappelle également que ces enlèvements s’inscrivent dans un contexte de musellement de la société civile et de répression des défenseur·es des droits humains et des journalistes au Burkina Faso, en particulier celles et ceux dénonçant les manquements des autorités militaires au pouvoir dans le pays. Ce climat répressif, accentué par la forte pression des autorités pour un « traitement patriotique de l’information », mène les médias et journalistes indépendant·es à l’auto-censure, comme cela est analysé dans le <a href="https://www.fidh.org/fr/themes/defenseurs-des-droits-humains/convergence-regionale-de-la-repression-des-defenseur-es-des-droits" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1439689540">rapport</a> de l’Observatoire de février 2025 <em>« </em><a href="https://www.fidh.org/IMG/pdf/20250219_fidh_rapport-obs-sahel_fr.pdf" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1439689541"><em>Espace civique et défenseur·es des droits humains au Sahel : convergence régionale des pratiques de répression</em></a><em> »</em>. L’Observatoire y souligne que la répression au Burkina Faso a pris une dimension très inquiétante avec la signature de deux décrets en novembre 2022 et avril 2023 par le Président de la Transition, permettant de réquisitionner toute personne âgée de plus de 18 ans physiquement apte. Dans le cadre de l’application de ces décrets, les autorités ont désormais recours de manière sélective et discriminatoire à l’enlèvement et à la disparition forcée des défenseur·es et des opposant·es politiques puis à leur enrôlement forcé comme supplétifs de l’armée, et une dizaine de défenseurs <a href="https://www.fidh.org/IMG/pdf/20250219_fidh_rapport-obs-sahel_fr.pdf" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1439689542">ont reçu</a> des ordres de réquisition délivrés par le Commandement militaire. Dans ce contexte, l’Observatoire exprime sa plus vive inquiétude face au risque élevé de réquisition forcée d’Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé, et s’y oppose fermement. En mars 2024, le <a href="https://docs.un.org/fr/CED/C/BFA/OAI/1" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1439689545">Comité des Nations unies sur les disparitions forcées</a> s’est d’ailleurs dit « préoccupé par les allégations récentes faisant état d’une pratique de disparition forcée ciblant des défenseurs des droits humains, des journalistes et des opposants politiques » au Burkina Faso et a estimé que plusieurs pratiques mises en œuvre dans le cadre de l’application de ces décrets étaient « susceptibles de constituer des disparitions forcées ».

L’Observatoire condamne l’enlèvement et la disparition forcée d’Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé qui ne semblent viser qu’à les punir pour leurs activités légitimes de défense des droits humains.

L’Observatoire enjoint les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso à tout mettre en œuvre afin que le sort et la localisation d’Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé soient connus, qu’ils soient libérés de façon immédiate et inconditionnelle et que toute la lumière soit faite sur leur enlèvement et leur disparition forcée.

L’Observatoire appelle également les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso à garantir les droits à la liberté d’expression et d’association, tels que consacrés par les standards internationaux relatifs aux droits humains, et particulièrement aux Articles 19 et 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques des Nations Unies, et aux Articles 9 et 10 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[L'Observatoire a été informé de l’enlèvement et de la disparition forcée de Messrs. <strong>Amadou Sawadogo,</strong> cadre de la région du centre au sein du mouvement citoyen « Balai citoyen », et <strong>Miphal Ousmane Lankoandé, </strong>sociologue et secrétaire exécutif du même mouvement. Créé le 25 août 2013, le Balai citoyen a pour vision de « faire du Burkina Faso, une société juste et intègre, dans un État de droit démocratique ».

Le 20 mars 2025, Amadou Sawadogo a été convoqué au service régional de la sûreté de l’État à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, en raison de ses prises de position critiques sur le réseau social Facebook, où il a été interrogé et contraint de révéler les domiciles de deux autres militants désormais en clandestinité. Le lendemain, le 21 mars 2025, après s’être rendu à une seconde convocation au même service, il a été porté disparu, sans que les autorités ne fournissent d’explications ou sa localisation.

Le 30 mars 2025, Miphal Ousmane Lankoandé a été enlevé aux alentours de 11h45 devant son domicile dans le quartier Karpala, à Ouagadougou. L’incident s’est produit à son retour de Cotonou, capitale du Bénin, où il a participé à la première édition de l’école de l’activisme organisée du 24 au 28 mars 2025 par la Fondation de l’innovation pour la démocratie. Des hommes armés se présentant comme des gendarmes l’ont enlevé devant son épouse. Malgré les démarches répétées d’avocats auprès des institutions publiques, aucune information à son sujet ne leur a été communiquée.

Au moment de la publication de cet Appel Urgent, le sort et la localisation d‘Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé restent inconnus et leurs familles et collègues restent sans nouvelles.

L’Observatoire rappelle que d’autres membres du mouvement Balai citoyen ont <a href="https://www.fidh.org/IMG/pdf/20250219_fidh_rapport-obs-sahel_fr.pdf" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1439689538">précédemment</a> fait l’objet d’arrestations en dehors de tout cadre légal. Me <strong>Guy Hervé Kam</strong>, avocat et défenseur des droits humains, cofondateur du Balai citoyen, a été arrêté le 24 janvier 2024 à l’aéroport international de Ouagadougou par la Sûreté nationale, alors qu’il rentrait d’un voyage professionnel, en violation des dispositions réglementaires de l’Union économique et monétaire Ouest Africaine (UEMOA) régissant la convocation, l’arrestation ou la détention des avocats. Il a par la suite été relâché puis arrêté de nouveau à deux reprises et est actuellement inculpé et détenu arbitrairement pour « complot et association de malfaiteurs ». Les membres du Balai citoyen <strong>Rasmané Zinaba</strong> et <strong>Bassirou Badjo</strong> ont quant à eux été enlevés et enrôlés de force dans l’armée burkinabè les 20 et 21 février 2024 respectivement, et sont toujours au front au moment de la publication de cet Appel Urgent, malgré une décision du Tribunal administratif de Ouagadougou du 6 décembre 2023, ordonnant la suspension de leur ordre de réquisition.

L’Observatoire rappelle par ailleurs que les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso accentuent leur répression contre les défenseur·es des droits humains et les journalistes, par le biais notamment d’enlèvements ciblés. C’est le cas des journalistes <strong>Guezouma Sanogo</strong>, président de l’Association des journalistes du Burkina Faso (AJB), <strong>Boukary Ouoba</strong>, vice-président de l’AJB, et <strong>Luc Pagbeguem</strong>, du média en ligne BF1 qui ont été <a href="https://www.fidh.org/fr/themes/defenseurs-des-droits-humains/burkina-faso-enlevement-et-disparition-forcee-des-journalistes" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1439689539">enlevés</a> le 24 mars 2025, ainsi que des journalistes <strong>Kalifara Sere</strong>, administrateur et chroniqueur du média en ligne BF1 enlevé le 19 juin 2024, <strong>Serges Oulon</strong>, journaliste d’investigation enlevé le 24 juin 2024 et <strong>Bayala Adama</strong>, chroniqueur enlevé le 28 juin 2024. Ils restent tous portés disparus au moment de la publication de cet Appel Urgent.

L’Observatoire rappelle également que ces enlèvements s’inscrivent dans un contexte de musellement de la société civile et de répression des défenseur·es des droits humains et des journalistes au Burkina Faso, en particulier celles et ceux dénonçant les manquements des autorités militaires au pouvoir dans le pays. Ce climat répressif, accentué par la forte pression des autorités pour un « traitement patriotique de l’information », mène les médias et journalistes indépendant·es à l’auto-censure, comme cela est analysé dans le <a href="https://www.fidh.org/fr/themes/defenseurs-des-droits-humains/convergence-regionale-de-la-repression-des-defenseur-es-des-droits" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1439689540">rapport</a> de l’Observatoire de février 2025 <em>« </em><a href="https://www.fidh.org/IMG/pdf/20250219_fidh_rapport-obs-sahel_fr.pdf" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1439689541"><em>Espace civique et défenseur·es des droits humains au Sahel : convergence régionale des pratiques de répression</em></a><em> »</em>. L’Observatoire y souligne que la répression au Burkina Faso a pris une dimension très inquiétante avec la signature de deux décrets en novembre 2022 et avril 2023 par le Président de la Transition, permettant de réquisitionner toute personne âgée de plus de 18 ans physiquement apte. Dans le cadre de l’application de ces décrets, les autorités ont désormais recours de manière sélective et discriminatoire à l’enlèvement et à la disparition forcée des défenseur·es et des opposant·es politiques puis à leur enrôlement forcé comme supplétifs de l’armée, et une dizaine de défenseurs <a href="https://www.fidh.org/IMG/pdf/20250219_fidh_rapport-obs-sahel_fr.pdf" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1439689542">ont reçu</a> des ordres de réquisition délivrés par le Commandement militaire. Dans ce contexte, l’Observatoire exprime sa plus vive inquiétude face au risque élevé de réquisition forcée d’Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé, et s’y oppose fermement. En mars 2024, le <a href="https://docs.un.org/fr/CED/C/BFA/OAI/1" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1439689545">Comité des Nations unies sur les disparitions forcées</a> s’est d’ailleurs dit « préoccupé par les allégations récentes faisant état d’une pratique de disparition forcée ciblant des défenseurs des droits humains, des journalistes et des opposants politiques » au Burkina Faso et a estimé que plusieurs pratiques mises en œuvre dans le cadre de l’application de ces décrets étaient « susceptibles de constituer des disparitions forcées ».

L’Observatoire condamne l’enlèvement et la disparition forcée d’Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé qui ne semblent viser qu’à les punir pour leurs activités légitimes de défense des droits humains.

L’Observatoire enjoint les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso à tout mettre en œuvre afin que le sort et la localisation d’Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé soient connus, qu’ils soient libérés de façon immédiate et inconditionnelle et que toute la lumière soit faite sur leur enlèvement et leur disparition forcée.

L’Observatoire appelle également les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso à garantir les droits à la liberté d’expression et d’association, tels que consacrés par les standards internationaux relatifs aux droits humains, et particulièrement aux Articles 19 et 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques des Nations Unies, et aux Articles 9 et 10 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Burkina Faso : Enlèvement et disparition forcée des journalistes Guezouma Sanogo, Boukary Ouoba et Luc Pagbeguem</title>
		<link>https://observatoryfordefenders.org/es/alert/burkina-faso-enlevement-et-disparition-forcee-des-journalistes-guezouma-sanogo-boukary-ouoba-et-luc-pagbeguem/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yasmine Louanchi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Apr 2025 16:24:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[L'Observatoire a été informé de l’enlèvement et de la disparition forcée des journalistes Messrs. <strong>Guezouma Sanogo</strong>, Président de l’Association des journalistes du Burkina Faso (AJB), principal regroupement de journalistes au Burkina Faso, <strong>Boukary Ouoba</strong>, vice président de l’AJB, et <strong>Luc Pagbeguem</strong>, journaliste pour le média en ligne BF1.

Le 24 mars 2025, dans la matinée, Guezouma Sanogo et Boukary Ouoba ont été enlevés au centre Norbert Zongo à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, par des individus se présentant comme des policiers membres des services de renseignements, avant d’être conduits vers une destination inconnue. Selon leurs proches, leur enlèvement fait suite à leur dénonciation des atteintes graves à la liberté d’expression et de la presse au Burkina Faso, notamment lors du Congrès de l’AJB du 21 mars 2025, à l’issue duquel Guezouma Sanogo a été réélu Président pour un nouveau mandat de cinq ans. Dans la déclaration finale du Congrès de l’AJB lue par M. Sanogo, l’organisation a dénoncé la suspension et le musellement des médias indépendants au Burkina Faso. L’AJB a également critiqué l’instrumentalisation et la mainmise des autorités sur les médias d’État, notamment la Radiotélévision du Burkina (RTB) et l’Agence d’information du Burkina (AIB), devenus « des outils de propagande » au service du régime militaire dirigé par le Capitaine Ibrahim Traoré. L’organisation a également appelé à la libération de tou·tes les journalistes détenu·es « en violation de toute procédure légale ».

&nbsp;

Le même jour, aux environs de 16h30, Luc Pagbeguem a été enlevé au siège de BF1 par deux agents du Conseil national de sécurité, services des renseignements du Burkina Faso, qui ont assuré vouloir entendre le journaliste à propos d’un <a href="https://www.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid02B8D9qCCst4nsf6xyDPV6qLUrd9L9xjr5vXTJUcRkiLbnSYTXUkYtkeUZbgbWsqSpl&amp;id=100000234041807&amp;mibextid=6aamW6&amp;_rdr">reportage</a> qu’il a réalisé pour BF1 sur la clôture du congrès de l’AJB.

Au moment de la publication de cet Appel Urgent, le sort et la localisation de Messrs. Sanogo, Ouoba et Pagbeguem restent inconnus et leurs familles et collègues restent sans nouvelles.

Le 25 mars 2025, la direction du Guichet unique des organisations associatives et politiques, relevant du Ministère de l’administration territoriale et de la mobilité, a déclaré dans un communiqué que le Congrès de l’AJB avait « alimenté la controverse » alors qu’elle est « considérée comme dissoute depuis le 14 janvier 2019 », au motif qu’elle n’aurait pas rempli certaines obligations légales. Pour autant, l’AJB n’a reçu aucune notification officielle de dissolution.

L’Observatoire rappelle que plusieurs autres journalistes sont portés disparus au Burkina Faso, y compris <strong>Atiana Serge Oulon</strong>, journaliste d’investigation et directeur de publication du bimensuel <em>l’Événement</em>, journal d’investigation de référence au Burkina Faso, dont les proches restent sans nouvelles depuis son <a href="https://www.fidh.org/fr/themes/defenseurs-des-droits-humains/burkina-faso-enlevement-du-journaliste-atiana-serge-oulon">enlèvement</a> le 24 juin 2024.

L’Observatoire rappelle également que ces enlèvements s’inscrivent dans un contexte de musellement de la société civile et de répression des défenseur·es des droits humains et des journalistes au Burkina Faso, en particulier celles et ceux dénonçant les manquements des autorités militaires au pouvoir dans le pays. Ce climat répressif, accentué par la forte pression des autorités pour un « traitement patriotique de l’information », mène les médias et journalistes indépendant·es à l’auto censure, comme cela est analysé dans le <a href="https://www.fidh.org/fr/themes/defenseurs-des-droits-humains/convergence-regionale-de-la-repression-des-defenseur-es-des-droits">rapport</a> de l’Observatoire de février 2025 <em>« </em><a href="https://www.fidh.org/IMG/pdf/20250219_fidh_rapport-obs-sahel_fr.pdf"><em>Espace civique et défenseur·es des droits humains au Sahel : convergence régionale des pratiques de répression</em></a><em> »</em>. L’Observatoire souligne également dans ce rapport que la répression au Burkina Faso a pris une dimension très inquiétante avec l’adoption de deux décrets en novembre 2022 et avril 2023 « portant mobilisation générale et mise en garde » par le Président de la Transition, permettant de réquisitionner toute personne âgée de plus de 18 ans physiquement apte, afin de « défendre l’intégrité du territoire national », de « restaurer la sécurité » et « d’assurer la protection des populations et de leurs biens contre la menace et les actions terroristes ». Dans le cadre de l’application de ces décrets, les autorités ont désormais recours de manière sélective et discriminatoire à l’enrôlement forcé des défenseur·es et des opposant·es politiques comme supplétifs de l’armée, et une dizaine de défenseurs <a href="https://www.fidh.org/IMG/pdf/20250219_fidh_rapport-obs-sahel_fr.pdf">ont reçu</a> des ordres de réquisition délivrés par le Commandement militaire. Dans ce contexte, l’Observatoire exprime sa plus vive inquiétude face au risque élevé de réquisition forcée de Guezouma Sanogo, Boukary Ouoba et Luc Pagbeguem, et s’y oppose fermement.

L’Observatoire condamne l’enlèvement et la disparition forcée de Guezouma Sanogo, Boukary Ouoba et Luc Pagbeguem qui ne semblent viser qu’à les punir pour leurs activités légitimes de défense des droits humains.

L’Observatoire enjoint les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso à tout mettre en œuvre afin que le sort et la localisation de Guezouma Sanogo, Boukary Ouoba et Luc Pagbeguem soient connus, qu’ils soient libérés de façon immédiate et inconditionnelle et que toute la lumière soit faite sur leur enlèvement et leur séquestration.

L’Observatoire appelle également les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso à garantir les droits à la liberté d’expression et d’association, tels que consacrés par les standards internationaux relatifs aux droits humains, et particulièrement aux Articles 19 et 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques des Nations Unies, et aux Articles 9 et 10 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[L'Observatoire a été informé de l’enlèvement et de la disparition forcée des journalistes Messrs. <strong>Guezouma Sanogo</strong>, Président de l’Association des journalistes du Burkina Faso (AJB), principal regroupement de journalistes au Burkina Faso, <strong>Boukary Ouoba</strong>, vice président de l’AJB, et <strong>Luc Pagbeguem</strong>, journaliste pour le média en ligne BF1.

Le 24 mars 2025, dans la matinée, Guezouma Sanogo et Boukary Ouoba ont été enlevés au centre Norbert Zongo à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, par des individus se présentant comme des policiers membres des services de renseignements, avant d’être conduits vers une destination inconnue. Selon leurs proches, leur enlèvement fait suite à leur dénonciation des atteintes graves à la liberté d’expression et de la presse au Burkina Faso, notamment lors du Congrès de l’AJB du 21 mars 2025, à l’issue duquel Guezouma Sanogo a été réélu Président pour un nouveau mandat de cinq ans. Dans la déclaration finale du Congrès de l’AJB lue par M. Sanogo, l’organisation a dénoncé la suspension et le musellement des médias indépendants au Burkina Faso. L’AJB a également critiqué l’instrumentalisation et la mainmise des autorités sur les médias d’État, notamment la Radiotélévision du Burkina (RTB) et l’Agence d’information du Burkina (AIB), devenus « des outils de propagande » au service du régime militaire dirigé par le Capitaine Ibrahim Traoré. L’organisation a également appelé à la libération de tou·tes les journalistes détenu·es « en violation de toute procédure légale ».

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Le même jour, aux environs de 16h30, Luc Pagbeguem a été enlevé au siège de BF1 par deux agents du Conseil national de sécurité, services des renseignements du Burkina Faso, qui ont assuré vouloir entendre le journaliste à propos d’un <a href="https://www.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid02B8D9qCCst4nsf6xyDPV6qLUrd9L9xjr5vXTJUcRkiLbnSYTXUkYtkeUZbgbWsqSpl&amp;id=100000234041807&amp;mibextid=6aamW6&amp;_rdr">reportage</a> qu’il a réalisé pour BF1 sur la clôture du congrès de l’AJB.

Au moment de la publication de cet Appel Urgent, le sort et la localisation de Messrs. Sanogo, Ouoba et Pagbeguem restent inconnus et leurs familles et collègues restent sans nouvelles.

Le 25 mars 2025, la direction du Guichet unique des organisations associatives et politiques, relevant du Ministère de l’administration territoriale et de la mobilité, a déclaré dans un communiqué que le Congrès de l’AJB avait « alimenté la controverse » alors qu’elle est « considérée comme dissoute depuis le 14 janvier 2019 », au motif qu’elle n’aurait pas rempli certaines obligations légales. Pour autant, l’AJB n’a reçu aucune notification officielle de dissolution.

L’Observatoire rappelle que plusieurs autres journalistes sont portés disparus au Burkina Faso, y compris <strong>Atiana Serge Oulon</strong>, journaliste d’investigation et directeur de publication du bimensuel <em>l’Événement</em>, journal d’investigation de référence au Burkina Faso, dont les proches restent sans nouvelles depuis son <a href="https://www.fidh.org/fr/themes/defenseurs-des-droits-humains/burkina-faso-enlevement-du-journaliste-atiana-serge-oulon">enlèvement</a> le 24 juin 2024.

L’Observatoire rappelle également que ces enlèvements s’inscrivent dans un contexte de musellement de la société civile et de répression des défenseur·es des droits humains et des journalistes au Burkina Faso, en particulier celles et ceux dénonçant les manquements des autorités militaires au pouvoir dans le pays. Ce climat répressif, accentué par la forte pression des autorités pour un « traitement patriotique de l’information », mène les médias et journalistes indépendant·es à l’auto censure, comme cela est analysé dans le <a href="https://www.fidh.org/fr/themes/defenseurs-des-droits-humains/convergence-regionale-de-la-repression-des-defenseur-es-des-droits">rapport</a> de l’Observatoire de février 2025 <em>« </em><a href="https://www.fidh.org/IMG/pdf/20250219_fidh_rapport-obs-sahel_fr.pdf"><em>Espace civique et défenseur·es des droits humains au Sahel : convergence régionale des pratiques de répression</em></a><em> »</em>. L’Observatoire souligne également dans ce rapport que la répression au Burkina Faso a pris une dimension très inquiétante avec l’adoption de deux décrets en novembre 2022 et avril 2023 « portant mobilisation générale et mise en garde » par le Président de la Transition, permettant de réquisitionner toute personne âgée de plus de 18 ans physiquement apte, afin de « défendre l’intégrité du territoire national », de « restaurer la sécurité » et « d’assurer la protection des populations et de leurs biens contre la menace et les actions terroristes ». Dans le cadre de l’application de ces décrets, les autorités ont désormais recours de manière sélective et discriminatoire à l’enrôlement forcé des défenseur·es et des opposant·es politiques comme supplétifs de l’armée, et une dizaine de défenseurs <a href="https://www.fidh.org/IMG/pdf/20250219_fidh_rapport-obs-sahel_fr.pdf">ont reçu</a> des ordres de réquisition délivrés par le Commandement militaire. Dans ce contexte, l’Observatoire exprime sa plus vive inquiétude face au risque élevé de réquisition forcée de Guezouma Sanogo, Boukary Ouoba et Luc Pagbeguem, et s’y oppose fermement.

L’Observatoire condamne l’enlèvement et la disparition forcée de Guezouma Sanogo, Boukary Ouoba et Luc Pagbeguem qui ne semblent viser qu’à les punir pour leurs activités légitimes de défense des droits humains.

L’Observatoire enjoint les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso à tout mettre en œuvre afin que le sort et la localisation de Guezouma Sanogo, Boukary Ouoba et Luc Pagbeguem soient connus, qu’ils soient libérés de façon immédiate et inconditionnelle et que toute la lumière soit faite sur leur enlèvement et leur séquestration.

L’Observatoire appelle également les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso à garantir les droits à la liberté d’expression et d’association, tels que consacrés par les standards internationaux relatifs aux droits humains, et particulièrement aux Articles 19 et 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques des Nations Unies, et aux Articles 9 et 10 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Mali : Enlèvement et disparition forcée d’Alou Badara Sacko</title>
		<link>https://observatoryfordefenders.org/es/alert/mali-enlevement-et-disparition-forcee-dalou-badara-sacko/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yasmine Louanchi]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Mar 2025 18:06:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[L'Observatoire a été informé de l’enlèvement et de la disparition forcée de M. <strong>Alou Badara Sacko</strong>, figure de la société civile malienne, membre du Forum des organisations de la société civile (FOSC) du Mali et l'un des porte-parole du Front « Touche pas à Mon Argent ». Le FOSC est un réseau d’organisations de la société civile malienne qui travaillent entre autres sur les questions de démocratie, de droits humains et d'État de droit. Le Front « Touche pas à Mon Argent » est un mouvement citoyen qui regroupe plusieurs couches socio-professionnelles du Mali crée suite à l’instauration par les autorités maliennes, le 5 mars 2025, de la nouvelle taxation de 10 % sur les recharges téléphoniques et de 1 % sur les transferts mobiles.

Le 14 mars 2025, aux environs de 18 heures, Alou Badara Sacko a été enlevé par des individus cagoulés non identifiés à Bamako, capitale du Mali. Alors qu’il quittait en voiture une réunion du Front « Touche pas à Mon Argent » au sujet de la nouvelle taxation qui se tenait à Bamako Coura, M. Sacko a été poursuivi par un véhicule de marque Toyota V8 gris, aux vitres fumées et sans plaque d’immatriculation, avec au moins quatre hommes à son bord. Au niveau d’un feu tricolore, situé au rond-point de la place de la Liberté, près du Ministère de l’éducation nationale, dans le centre ville de Bamako, trois hommes cagoulés en civil et armés sont sortis du V8 pour aller extraire M. Sacko de son véhicule et l’emmener vers une destination inconnue. Au moment de la publication de cet Appel Urgent, le sort et le lieu où se trouve Alou Badara Sacko sont toujours inconnus, et ses proches et son organisation restent sans nouvelles de sa part.

Le 15 mars 2025, les proches de M. Sacko ont fait une déclaration de disparition de personne auprès du commissariat de Police du 1er arrondissement de Bamako. La déclaration a été reçue par la police qui s’est engagée à mener une enquête, mais celle-ci n’a donné aucune suite au moment de la publication de cet Appel Urgent.

L’enlèvement d’Alou Badara Sacko serait lié à une vidéo publiée le 11 mars 2025 sur plusieurs réseaux sociaux, dans laquelle il dénonçait l’illégalité présumée de la taxation et demandait aux autorités d’y renoncer. M. Sacko demande par ailleurs constamment le retour à l’ordre constitutionnel et dénonce le rétrécissement de l’espace civique et les atteintes aux libertés fondamentales. Depuis l’instauration de la nouvelle taxation, il fait partie des nombreuses voix qui demandent l’annulation de ces nouveaux prélèvements fiscaux qui devraient servir à alimenter « le fonds de soutien » aux autorités maliennes.

L’Observatoire exprime sa vive inquiétude quant à l’état de santé d’Alou Badara Sacko depuis son enlèvement. M. Sacko est diabétique et doit par conséquent suivre un traitement quotidien, exigence ne pouvant être garantie dans une situation de disparition forcée, ce qui fait craindre une dégradation importante de son état de santé. De plus, la situation de disparition forcée dans laquelle se trouve M. Sacko fait craindre qu’il soit la cible de traitements inhumains et dégradants, voire d’actes de torture.

L'Observatoire rappelle que cet enlèvement s'inscrit dans un contexte de restriction croissante de l’espace civique et d’augmentation des attaques à l’encontre des défenseur·es des droits humains au Mali. Le mode opératoire utilisé laisse croire qu’Alou Badara Sacko aurait été enlevé par l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE) appelée SE. Depuis 2021, la SE a procédé à l’enlèvement et à la séquestration d’une dizaine de défenseur·es des droits humains et d’autres voix dissonantes, sans qu’aucune enquête ne soit entreprise par les autorités judiciaires maliennes, comme il en est fait état dans le <a href="https://click.mailerlite.com/link/c/YT0yNzA3NjA2NDEwODIwMDY1MDA4JmM9eDdwMSZiPTE0Mjc1MDczNTgmZD1lNHA2bzZv.oPani3LT9FqkXoWOJCV9SDI0Wj29trGK6q77D9ALKTk" target="_top" data-link-id="1427507358">rapport</a> de l’Observatoire de février 2025 « <a href="https://click.mailerlite.com/link/c/YT0yNzA3NjA2NDEwODIwMDY1MDA4JmM9eDdwMSZiPTE0Mjc1MDczNjAmZD1wM3oyeDFs.CclhnV21Ih1N301GdaViwzBvCsMinto2Ck0nUNTkCxw" target="_top" data-link-id="1427507360"><em>Espace civique et défenseur·es des droits humains au Sahel : convergence régionale des pratiques de répression</em></a> ».

L'Observatoire condamne fermement l’enlèvement et la disparition forcée d’Alou Badara Sacko, qui ne semblent viser qu'à entraver ses activités légitimes de défense des droits humains.

L'Observatoire exhorte les autorités de transition au pouvoir au Mali à mener une enquête indépendante, rigoureuse et impartiale sur la disparition d’Alou Badara Sacko et à tout mettre en œuvre pour permettre sa libération. L’Observatoire appelle par ailleurs les autorités de transition au pouvoir à mettre fin à tout acte de harcèlement et à tout acte d'intimidation à l'encontre d’Alou Badara Sacko, ainsi que de tou·tes les défenseur·es des droits humains dans le pays.

L'Observatoire appelle enfin les autorités de transition au pouvoir au Mali à garantir en toutes circonstances le droit à la liberté d'expression et à la liberté de réunion pacifique telles que consacrées par le droit international des droits humains, et en particulier les articles 19 et 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel le Mali est parti.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[L'Observatoire a été informé de l’enlèvement et de la disparition forcée de M. <strong>Alou Badara Sacko</strong>, figure de la société civile malienne, membre du Forum des organisations de la société civile (FOSC) du Mali et l'un des porte-parole du Front « Touche pas à Mon Argent ». Le FOSC est un réseau d’organisations de la société civile malienne qui travaillent entre autres sur les questions de démocratie, de droits humains et d'État de droit. Le Front « Touche pas à Mon Argent » est un mouvement citoyen qui regroupe plusieurs couches socio-professionnelles du Mali crée suite à l’instauration par les autorités maliennes, le 5 mars 2025, de la nouvelle taxation de 10 % sur les recharges téléphoniques et de 1 % sur les transferts mobiles.

Le 14 mars 2025, aux environs de 18 heures, Alou Badara Sacko a été enlevé par des individus cagoulés non identifiés à Bamako, capitale du Mali. Alors qu’il quittait en voiture une réunion du Front « Touche pas à Mon Argent » au sujet de la nouvelle taxation qui se tenait à Bamako Coura, M. Sacko a été poursuivi par un véhicule de marque Toyota V8 gris, aux vitres fumées et sans plaque d’immatriculation, avec au moins quatre hommes à son bord. Au niveau d’un feu tricolore, situé au rond-point de la place de la Liberté, près du Ministère de l’éducation nationale, dans le centre ville de Bamako, trois hommes cagoulés en civil et armés sont sortis du V8 pour aller extraire M. Sacko de son véhicule et l’emmener vers une destination inconnue. Au moment de la publication de cet Appel Urgent, le sort et le lieu où se trouve Alou Badara Sacko sont toujours inconnus, et ses proches et son organisation restent sans nouvelles de sa part.

Le 15 mars 2025, les proches de M. Sacko ont fait une déclaration de disparition de personne auprès du commissariat de Police du 1er arrondissement de Bamako. La déclaration a été reçue par la police qui s’est engagée à mener une enquête, mais celle-ci n’a donné aucune suite au moment de la publication de cet Appel Urgent.

L’enlèvement d’Alou Badara Sacko serait lié à une vidéo publiée le 11 mars 2025 sur plusieurs réseaux sociaux, dans laquelle il dénonçait l’illégalité présumée de la taxation et demandait aux autorités d’y renoncer. M. Sacko demande par ailleurs constamment le retour à l’ordre constitutionnel et dénonce le rétrécissement de l’espace civique et les atteintes aux libertés fondamentales. Depuis l’instauration de la nouvelle taxation, il fait partie des nombreuses voix qui demandent l’annulation de ces nouveaux prélèvements fiscaux qui devraient servir à alimenter « le fonds de soutien » aux autorités maliennes.

L’Observatoire exprime sa vive inquiétude quant à l’état de santé d’Alou Badara Sacko depuis son enlèvement. M. Sacko est diabétique et doit par conséquent suivre un traitement quotidien, exigence ne pouvant être garantie dans une situation de disparition forcée, ce qui fait craindre une dégradation importante de son état de santé. De plus, la situation de disparition forcée dans laquelle se trouve M. Sacko fait craindre qu’il soit la cible de traitements inhumains et dégradants, voire d’actes de torture.

L'Observatoire rappelle que cet enlèvement s'inscrit dans un contexte de restriction croissante de l’espace civique et d’augmentation des attaques à l’encontre des défenseur·es des droits humains au Mali. Le mode opératoire utilisé laisse croire qu’Alou Badara Sacko aurait été enlevé par l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE) appelée SE. Depuis 2021, la SE a procédé à l’enlèvement et à la séquestration d’une dizaine de défenseur·es des droits humains et d’autres voix dissonantes, sans qu’aucune enquête ne soit entreprise par les autorités judiciaires maliennes, comme il en est fait état dans le <a href="https://click.mailerlite.com/link/c/YT0yNzA3NjA2NDEwODIwMDY1MDA4JmM9eDdwMSZiPTE0Mjc1MDczNTgmZD1lNHA2bzZv.oPani3LT9FqkXoWOJCV9SDI0Wj29trGK6q77D9ALKTk" target="_top" data-link-id="1427507358">rapport</a> de l’Observatoire de février 2025 « <a href="https://click.mailerlite.com/link/c/YT0yNzA3NjA2NDEwODIwMDY1MDA4JmM9eDdwMSZiPTE0Mjc1MDczNjAmZD1wM3oyeDFs.CclhnV21Ih1N301GdaViwzBvCsMinto2Ck0nUNTkCxw" target="_top" data-link-id="1427507360"><em>Espace civique et défenseur·es des droits humains au Sahel : convergence régionale des pratiques de répression</em></a> ».

L'Observatoire condamne fermement l’enlèvement et la disparition forcée d’Alou Badara Sacko, qui ne semblent viser qu'à entraver ses activités légitimes de défense des droits humains.

L'Observatoire exhorte les autorités de transition au pouvoir au Mali à mener une enquête indépendante, rigoureuse et impartiale sur la disparition d’Alou Badara Sacko et à tout mettre en œuvre pour permettre sa libération. L’Observatoire appelle par ailleurs les autorités de transition au pouvoir à mettre fin à tout acte de harcèlement et à tout acte d'intimidation à l'encontre d’Alou Badara Sacko, ainsi que de tou·tes les défenseur·es des droits humains dans le pays.

L'Observatoire appelle enfin les autorités de transition au pouvoir au Mali à garantir en toutes circonstances le droit à la liberté d'expression et à la liberté de réunion pacifique telles que consacrées par le droit international des droits humains, et en particulier les articles 19 et 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel le Mali est parti.]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Convergence régionale de la répression des défenseur·es des droits humains au Sahel</title>
		<link>https://observatoryfordefenders.org/es/alert/convergence-regionale-de-la-repression-des-defenseur%c2%b7es-des-droits-humains-au-sahel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yasmine Louanchi]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Feb 2025 15:57:11 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://observatoryfordefenders.org/?post_type=alert&#038;p=22966</guid>

					<description><![CDATA[<ul>
 	<li><strong>Au Sahel, les défenseur·es des droits humains sont plus que jamais pris·es pour cible par les différents États tandis que l’espace civique se dégrade et que les libertés publiques sont menacées.</strong></li>
 	<li><strong>L’Observatoire pour la protection des défenseurs des </strong><strong>droits</strong><strong> humains (un partenariat de la FIDH et de l</strong><strong>’</strong><strong>OMCT) publie aujourd</strong><strong>’hui </strong><strong>un rapport </strong><strong>mettant en lumière des tendances communes de répression au Mali, Burkina Faso, au Niger et au Tchad. </strong><strong>Le rapport se fonde sur l</strong><strong>’étude de </strong><strong>plus de 61 cas concrets de violations des libertés fondamentales des défenseur·es des droits humains dans ces pays.</strong></li>
 	<li><strong>Ce rapport propose des recommandations destinées aux quatre États concernés et aux institutions régionales et internationales afin d’assurer la sécurité des défenseur·es des droits humains, condition indispensable pour une société civile qui garantisse un climat favorable à l’expression démocratique. </strong></li>
</ul>
<a href="https://click.mlsend.com/link/c/YT0yNjg0MzQ4MTQ3NzY0ODI4MDY2JmM9ZDJhOSZlPTQ4NDAzOSZiPTE0MTczMzg2NjQmZD16NGU5aDlj.nCa7ykjfbW3hclldpCbGtJhXwljYYlRER_sIM8ORPE4" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1417338664">Lire le rapport</a>

<strong>Paris, Genève, le 20 février 2025.</strong> Le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad ont connu ces dernières années d’importants bouleversements. L’accession de militaires au pouvoir et les périodes de « transition » qui ont suivi dans ces quatre pays se sont accompagnées d’une intensification de la répression des défenseur·es des droits humains, et d’une fermeture drastique de l’espace civique.

Le rapport publié aujourd’hui par l’Observatoire, intitulé <em>« Espace civique et défenseur·es des droits humains au Sahel : convergence régionale des pratiques de répression »</em> dévoile comment, au cours de ces dernières années, les régimes de ces quatre pays ont mis en place des techniques de répression similaires afin de réduire au silence toute voix dissidente. Utilisation généralisée des arrestations et détentions arbitraires, harcèlement judiciaire constant, enlèvements, séquestrations, disparitions forcées et actes de tortures sont des pratiques de plus en plus répandues dans la région. Le harcèlement et les menaces, y compris en ligne, sont également devenus des outils de répression à part entière.

« <em>La documentation détaillée de 61 cas d’attaques à l’encontre des défenseur·es des droits humains et de l’espace civique au Sahel ces cinq dernières années met en évidence un constat sans appel : les autorités du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Tchad semblent s’enfoncer dans une spirale de répression sans fin</em> » constate <strong>Drissa Traore, Secrétaire général de la FIDH</strong>. « <em>Pourtant, il faut qu’elle prenne fin. Ces quatre pays doivent restaurer l’État de droit et la démocratie, auxquels les peuples du Sahel sont attachés. C’est le combat des défenseur·es et nous leur devons toute notre solidarité </em>».

En plus des attaques directes contre les défenseur·es, les autorités des quatre pays restreignent les libertés fondamentales, en interdisant les manifestations et en réprimant violemment celles qui ont lieu, en dissolvant des associations ou encore en contrôlant, voire suspendant les médias. Ces multiples attaques sont en totale contradiction avec les obligations régionales et internationales que ces pays se sont pourtant engagés à respecter. Elles compromettent les espoirs d’une sortie de crise respectueuse des droits humains.

« <em>Il est plus que temps que les autorités burkinabè, maliennes, nigériennes et tchadiennes se mettent en conformité avec leurs obligations internationales et cessent de réprimer la société civile</em> », ajoute <strong>Gerald Staberock, Secrétaire Général de l’OMCT</strong>. « <em>Nous appelons également la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, les Nations </em><em>u</em><em>nies et les partenaires internationaux de ces quatre pays à tout mettre en œuvre pour que les violations des droits et libertés fondamentales cessent.</em>

<em>Lire le rapport complet en <a href="https://click.mlsend.com/link/c/YT0yNjg0MzQ4MTQ3NzY0ODI4MDY2JmM9ZDJhOSZlPTQ4NDAzOSZiPTE0MTczMzg2NjUmZD1xMmY0bDVw.BW721g9ZAPKeRgf1B0C70QInb-cq1vcSAdTgYt1w-uY" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1417338665">français</a> et en <a href="https://click.mlsend.com/link/c/YT0yNjg0MzQ4MTQ3NzY0ODI4MDY2JmM9ZDJhOSZlPTQ4NDAzOSZiPTE0MTczMzg2NjYmZD1xNnM2eTVv.cckI1CJDdulqjKkui4a3OLWP43VWE12S6t_7JhU1X8Q" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1417338666">anglais</a> sur le site de la FIDH, en <a href="https://click.mlsend.com/link/c/YT0yNjg0MzQ4MTQ3NzY0ODI4MDY2JmM9ZDJhOSZlPTQ4NDAzOSZiPTE0MTczMzg2NjcmZD10NGs5ajNh.8ADUg35ulxvbyuuQ9oImp1QFZlgJA44QNkGhOaHamZU" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1417338667">français</a> et en <a href="https://click.mlsend.com/link/c/YT0yNjg0MzQ4MTQ3NzY0ODI4MDY2JmM9ZDJhOSZlPTQ4NDAzOSZiPTE0MTczMzg2NjgmZD13NXUzczdp.Y1mhS1WqTsL4vo6vfDC2jUvTfeh8QEsAs4TtaYLRkYM" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1417338668">anglais</a> sur le site de l’OMCT.</em>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<ul>
 	<li><strong>Au Sahel, les défenseur·es des droits humains sont plus que jamais pris·es pour cible par les différents États tandis que l’espace civique se dégrade et que les libertés publiques sont menacées.</strong></li>
 	<li><strong>L’Observatoire pour la protection des défenseurs des </strong><strong>droits</strong><strong> humains (un partenariat de la FIDH et de l</strong><strong>’</strong><strong>OMCT) publie aujourd</strong><strong>’hui </strong><strong>un rapport </strong><strong>mettant en lumière des tendances communes de répression au Mali, Burkina Faso, au Niger et au Tchad. </strong><strong>Le rapport se fonde sur l</strong><strong>’étude de </strong><strong>plus de 61 cas concrets de violations des libertés fondamentales des défenseur·es des droits humains dans ces pays.</strong></li>
 	<li><strong>Ce rapport propose des recommandations destinées aux quatre États concernés et aux institutions régionales et internationales afin d’assurer la sécurité des défenseur·es des droits humains, condition indispensable pour une société civile qui garantisse un climat favorable à l’expression démocratique. </strong></li>
</ul>
<a href="https://click.mlsend.com/link/c/YT0yNjg0MzQ4MTQ3NzY0ODI4MDY2JmM9ZDJhOSZlPTQ4NDAzOSZiPTE0MTczMzg2NjQmZD16NGU5aDlj.nCa7ykjfbW3hclldpCbGtJhXwljYYlRER_sIM8ORPE4" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1417338664">Lire le rapport</a>

<strong>Paris, Genève, le 20 février 2025.</strong> Le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad ont connu ces dernières années d’importants bouleversements. L’accession de militaires au pouvoir et les périodes de « transition » qui ont suivi dans ces quatre pays se sont accompagnées d’une intensification de la répression des défenseur·es des droits humains, et d’une fermeture drastique de l’espace civique.

Le rapport publié aujourd’hui par l’Observatoire, intitulé <em>« Espace civique et défenseur·es des droits humains au Sahel : convergence régionale des pratiques de répression »</em> dévoile comment, au cours de ces dernières années, les régimes de ces quatre pays ont mis en place des techniques de répression similaires afin de réduire au silence toute voix dissidente. Utilisation généralisée des arrestations et détentions arbitraires, harcèlement judiciaire constant, enlèvements, séquestrations, disparitions forcées et actes de tortures sont des pratiques de plus en plus répandues dans la région. Le harcèlement et les menaces, y compris en ligne, sont également devenus des outils de répression à part entière.

« <em>La documentation détaillée de 61 cas d’attaques à l’encontre des défenseur·es des droits humains et de l’espace civique au Sahel ces cinq dernières années met en évidence un constat sans appel : les autorités du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Tchad semblent s’enfoncer dans une spirale de répression sans fin</em> » constate <strong>Drissa Traore, Secrétaire général de la FIDH</strong>. « <em>Pourtant, il faut qu’elle prenne fin. Ces quatre pays doivent restaurer l’État de droit et la démocratie, auxquels les peuples du Sahel sont attachés. C’est le combat des défenseur·es et nous leur devons toute notre solidarité </em>».

En plus des attaques directes contre les défenseur·es, les autorités des quatre pays restreignent les libertés fondamentales, en interdisant les manifestations et en réprimant violemment celles qui ont lieu, en dissolvant des associations ou encore en contrôlant, voire suspendant les médias. Ces multiples attaques sont en totale contradiction avec les obligations régionales et internationales que ces pays se sont pourtant engagés à respecter. Elles compromettent les espoirs d’une sortie de crise respectueuse des droits humains.

« <em>Il est plus que temps que les autorités burkinabè, maliennes, nigériennes et tchadiennes se mettent en conformité avec leurs obligations internationales et cessent de réprimer la société civile</em> », ajoute <strong>Gerald Staberock, Secrétaire Général de l’OMCT</strong>. « <em>Nous appelons également la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, les Nations </em><em>u</em><em>nies et les partenaires internationaux de ces quatre pays à tout mettre en œuvre pour que les violations des droits et libertés fondamentales cessent.</em>

<em>Lire le rapport complet en <a href="https://click.mlsend.com/link/c/YT0yNjg0MzQ4MTQ3NzY0ODI4MDY2JmM9ZDJhOSZlPTQ4NDAzOSZiPTE0MTczMzg2NjUmZD1xMmY0bDVw.BW721g9ZAPKeRgf1B0C70QInb-cq1vcSAdTgYt1w-uY" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1417338665">français</a> et en <a href="https://click.mlsend.com/link/c/YT0yNjg0MzQ4MTQ3NzY0ODI4MDY2JmM9ZDJhOSZlPTQ4NDAzOSZiPTE0MTczMzg2NjYmZD1xNnM2eTVv.cckI1CJDdulqjKkui4a3OLWP43VWE12S6t_7JhU1X8Q" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1417338666">anglais</a> sur le site de la FIDH, en <a href="https://click.mlsend.com/link/c/YT0yNjg0MzQ4MTQ3NzY0ODI4MDY2JmM9ZDJhOSZlPTQ4NDAzOSZiPTE0MTczMzg2NjcmZD10NGs5ajNh.8ADUg35ulxvbyuuQ9oImp1QFZlgJA44QNkGhOaHamZU" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1417338667">français</a> et en <a href="https://click.mlsend.com/link/c/YT0yNjg0MzQ4MTQ3NzY0ODI4MDY2JmM9ZDJhOSZlPTQ4NDAzOSZiPTE0MTczMzg2NjgmZD13NXUzczdp.Y1mhS1WqTsL4vo6vfDC2jUvTfeh8QEsAs4TtaYLRkYM" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1417338668">anglais</a> sur le site de l’OMCT.</em>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Burkina Faso : Enlèvement du journaliste Atiana Serge Oulon</title>
		<link>https://observatoryfordefenders.org/es/alert/burkina-faso-enlevement-du-journaliste-atiana-serge-oulon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yasmine Louanchi]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jul 2024 17:29:25 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://observatoryfordefenders.org/?post_type=alert&#038;p=22177</guid>

					<description><![CDATA[L'Observatoire a été informé de l’enlèvement et de la disparition forcée de M. <strong>Atiana Serge Oulon</strong>, journaliste d’investigation et directeur de publication du bimensuel <em>l’Événement</em>, journal d’investigation de référence au Burkina Faso depuis 2001. Atiana Serge Oulon est notamment reconnu pour son travail de veille contre la corruption, y compris au sein de l’armée. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages tels que « Les secrets de deux putschs », paru en octobre 2023.

&nbsp;

Le 24 juin 2024, Atiana Serge Oulon a été enlevé à son domicile à Ouagadougou par des individus <a href="https://academiedepolice.bf/index.php/telechargement/category/35-surete-de-l-etat" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1343118713"> non identifiés</a>. Pendant la nuit, selon de multiples témoins, le groupe d’individus a d’abord recherché la maison de M. Oulon, se présentant à d’autres habitations du voisinage. Selon ses proches, à 5 heures du matin, au moins neuf personnes se sont présentées au domicile de M. Oulon. Sous leur insistance, à 7 heures du matin, M. Oulon a ouvert la porte et quatre personnes en civil sont entrées dans la maison à visage découvert. Deux personnes étaient restées à la porte. M. Oulon a ensuite été embarqué dans un van Toyota blanc, non immatriculé. Plus loin, deux autres individus étaient à bord d’une petite voiture, de marque Toyota, qui a suivi le cortège. Ce modus operandi est proche de celui utilisé par l’Agence nationale du renseignement (<a href="https://academiedepolice.bf/index.php/telechargement/category/35-surete-de-l-etat" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1343118714">ANR</a>) du Burkina Faso, ce qui fait craindre qu’Atiana Serge Oulon soit soumis à une détention au secret.

Quelques heures après son enlèvement, deux hommes se présentant comme des membres de l’ANR auprès de l’épouse d’Atiana Serge Oulon, se sont rendus au domicile de ce dernier, et ont saisi ses appareils informatiques et téléphoniques. Au moment de la publication de cet Appel Urgent, sa famille, ses proches et son avocat restent sans nouvelles de lui.

Le jour de son enlèvement, Atiana Serge Oulon devait assister à un procès en diffamation et pour injures publiques au Tribunal de grande instance Ouagadougou I, intenté par le journal <em>l’Événement </em>contre Adama Siguiré, activiste défenseur du pouvoir, qui avait accusé le journal sur sa page Facebook de vouloir faire échouer la transition en relayant de fausses informations.

Cet enlèvement s’inscrit dans une série d'actes de répression menés par les autorités burkinabè à l’encontre d’Atiana Serge Oulon et du journal l’<em>Événement. </em>Le 20 juin 2024, le journal a été suspendu par le Conseil supérieur de la communication (CSC), organe de régulation des médias, pour une durée d’un mois, suite à une publication titrée « 400 000 000 francs CFA des VDP détournés, le capitaine Prospère Boena s’en est allé avec son témoignage » qui soulevait des soupçons de détournement de fonds au sein des volontaires pour la défense de la patrie (VDP), une milice créée pour combattre les groupes terroristes. Le CSC reprochait au journal des « manquements », alors que <em>l’Événement</em> a dénoncé dans un <a href="https://www.evenement-bf.net/communique-suspension-de-votre-journal/" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1343118715">communiqué</a> une <em>« sanction injuste et abusive »</em> que le journal a attaqué devant le Tribunal administratif de Ouagadougou. Dans cette affaire, Atiana Serge Oulon avait été entendu par le CSC. Le 12 juillet 2024, le Tribunal administratif de Ouagadougou a ordonné l’annulation de la décision du CSC suite à la requête du journal et a condamné le CSC à payer au journal la somme de 500.000 francs CFA (environ 760 Euros) au titre des frais exposés, décision à laquelle le CSC doit encore se conformer. En décembre 2022, Atiana Serge Oulon avait déjà été auditionné par les autorités militaires au sujet d’un <a href="https://www.evenement-bf.net/lutte-contre-le-terrorisme-des-soupcons-de-detournement-de-largent-des-vdp-un-capitaine-empoche-400-000-000/" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1343118716">article</a> concernant la même affaire, audition pendant laquelle les autorités militaires avaient alors tenté de lui faire révéler sa source.

L’Observatoire rappelle que cet enlèvement intervient dans un contexte de musellement de la société civile et de répression des défenseur·es des droits humains et des journalistes au Burkina Faso, en particulier celles et ceux travaillant sur la corruption et les manquements des autorités militaires au pouvoir face à la situation sécuritaire dégradée dans le contexte des attaques terroristes dans le pays. Les 19 et 28 juin 2024, Kalifara Séré et Adama Bayala, journalistes critiques de la gouvernance des autorités militaires au pouvoir, ont eux aussi disparu. <a href="https://rsf.org/fr/trois-journalistes-enlev%C3%A9s-en-dix-jours-au-burkina-faso-les-autorit%C3%A9s-doivent-sortir-du-silence" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1343118717">Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé</a> le silence des autorités à ce sujet et s’est inquiété d’une implication possible des autorités. L’Observatoire rappelle également que le 1er décembre 2023, <a href="https://www.fidh.org/fr/themes/defenseurs-des-droits-humains/burkina-faso-enlevement-et-disparition-forcee-du-dr-daouda-diallo" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1343118718"><strong>Dr. Daouda Diallo</strong></a>, fondateur et le secrétaire général du Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés au Burkina Faso (CISC), a été enlevé et a subi une réquisition par l’armée, avant d’être libéré le 8 mars 2024. En <a href="https://rsf.org/fr/burkina-faso-rsf-s-inqui%C3%A8te-de-la-r%C3%A9quisition-par-l-arm%C3%A9e-de-deux-journalistes-critiques-du-pouvoir" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1343118719">novembre 2023</a>, Issaka Lingani et Yacouba Ladji Bama, deux journalistes également critiques du pouvoir, ont eux aussi été réquisitionnés pour la lutte du régime contre le terrorisme par les autorités militaires.

L’Observatoire enjoint les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso à tout mettre en œuvre afin que le sort et la localisation d’Atiana Serge Oulon soient connus, qu’il soit libéré de façon immédiate et inconditionnelle et que toute la lumière soit faite sur son enlèvement et sa séquestration.

L’Observatoire appelle également les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso à garantir le droit à la liberté d’expression, tel que consacré par les standards internationaux relatifs aux droits humains, et particulièrement à l’Article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques des Nations Unies, et à l’Article 9 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[L'Observatoire a été informé de l’enlèvement et de la disparition forcée de M. <strong>Atiana Serge Oulon</strong>, journaliste d’investigation et directeur de publication du bimensuel <em>l’Événement</em>, journal d’investigation de référence au Burkina Faso depuis 2001. Atiana Serge Oulon est notamment reconnu pour son travail de veille contre la corruption, y compris au sein de l’armée. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages tels que « Les secrets de deux putschs », paru en octobre 2023.

&nbsp;

Le 24 juin 2024, Atiana Serge Oulon a été enlevé à son domicile à Ouagadougou par des individus <a href="https://academiedepolice.bf/index.php/telechargement/category/35-surete-de-l-etat" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1343118713"> non identifiés</a>. Pendant la nuit, selon de multiples témoins, le groupe d’individus a d’abord recherché la maison de M. Oulon, se présentant à d’autres habitations du voisinage. Selon ses proches, à 5 heures du matin, au moins neuf personnes se sont présentées au domicile de M. Oulon. Sous leur insistance, à 7 heures du matin, M. Oulon a ouvert la porte et quatre personnes en civil sont entrées dans la maison à visage découvert. Deux personnes étaient restées à la porte. M. Oulon a ensuite été embarqué dans un van Toyota blanc, non immatriculé. Plus loin, deux autres individus étaient à bord d’une petite voiture, de marque Toyota, qui a suivi le cortège. Ce modus operandi est proche de celui utilisé par l’Agence nationale du renseignement (<a href="https://academiedepolice.bf/index.php/telechargement/category/35-surete-de-l-etat" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1343118714">ANR</a>) du Burkina Faso, ce qui fait craindre qu’Atiana Serge Oulon soit soumis à une détention au secret.

Quelques heures après son enlèvement, deux hommes se présentant comme des membres de l’ANR auprès de l’épouse d’Atiana Serge Oulon, se sont rendus au domicile de ce dernier, et ont saisi ses appareils informatiques et téléphoniques. Au moment de la publication de cet Appel Urgent, sa famille, ses proches et son avocat restent sans nouvelles de lui.

Le jour de son enlèvement, Atiana Serge Oulon devait assister à un procès en diffamation et pour injures publiques au Tribunal de grande instance Ouagadougou I, intenté par le journal <em>l’Événement </em>contre Adama Siguiré, activiste défenseur du pouvoir, qui avait accusé le journal sur sa page Facebook de vouloir faire échouer la transition en relayant de fausses informations.

Cet enlèvement s’inscrit dans une série d'actes de répression menés par les autorités burkinabè à l’encontre d’Atiana Serge Oulon et du journal l’<em>Événement. </em>Le 20 juin 2024, le journal a été suspendu par le Conseil supérieur de la communication (CSC), organe de régulation des médias, pour une durée d’un mois, suite à une publication titrée « 400 000 000 francs CFA des VDP détournés, le capitaine Prospère Boena s’en est allé avec son témoignage » qui soulevait des soupçons de détournement de fonds au sein des volontaires pour la défense de la patrie (VDP), une milice créée pour combattre les groupes terroristes. Le CSC reprochait au journal des « manquements », alors que <em>l’Événement</em> a dénoncé dans un <a href="https://www.evenement-bf.net/communique-suspension-de-votre-journal/" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1343118715">communiqué</a> une <em>« sanction injuste et abusive »</em> que le journal a attaqué devant le Tribunal administratif de Ouagadougou. Dans cette affaire, Atiana Serge Oulon avait été entendu par le CSC. Le 12 juillet 2024, le Tribunal administratif de Ouagadougou a ordonné l’annulation de la décision du CSC suite à la requête du journal et a condamné le CSC à payer au journal la somme de 500.000 francs CFA (environ 760 Euros) au titre des frais exposés, décision à laquelle le CSC doit encore se conformer. En décembre 2022, Atiana Serge Oulon avait déjà été auditionné par les autorités militaires au sujet d’un <a href="https://www.evenement-bf.net/lutte-contre-le-terrorisme-des-soupcons-de-detournement-de-largent-des-vdp-un-capitaine-empoche-400-000-000/" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1343118716">article</a> concernant la même affaire, audition pendant laquelle les autorités militaires avaient alors tenté de lui faire révéler sa source.

L’Observatoire rappelle que cet enlèvement intervient dans un contexte de musellement de la société civile et de répression des défenseur·es des droits humains et des journalistes au Burkina Faso, en particulier celles et ceux travaillant sur la corruption et les manquements des autorités militaires au pouvoir face à la situation sécuritaire dégradée dans le contexte des attaques terroristes dans le pays. Les 19 et 28 juin 2024, Kalifara Séré et Adama Bayala, journalistes critiques de la gouvernance des autorités militaires au pouvoir, ont eux aussi disparu. <a href="https://rsf.org/fr/trois-journalistes-enlev%C3%A9s-en-dix-jours-au-burkina-faso-les-autorit%C3%A9s-doivent-sortir-du-silence" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1343118717">Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé</a> le silence des autorités à ce sujet et s’est inquiété d’une implication possible des autorités. L’Observatoire rappelle également que le 1er décembre 2023, <a href="https://www.fidh.org/fr/themes/defenseurs-des-droits-humains/burkina-faso-enlevement-et-disparition-forcee-du-dr-daouda-diallo" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1343118718"><strong>Dr. Daouda Diallo</strong></a>, fondateur et le secrétaire général du Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés au Burkina Faso (CISC), a été enlevé et a subi une réquisition par l’armée, avant d’être libéré le 8 mars 2024. En <a href="https://rsf.org/fr/burkina-faso-rsf-s-inqui%C3%A8te-de-la-r%C3%A9quisition-par-l-arm%C3%A9e-de-deux-journalistes-critiques-du-pouvoir" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1343118719">novembre 2023</a>, Issaka Lingani et Yacouba Ladji Bama, deux journalistes également critiques du pouvoir, ont eux aussi été réquisitionnés pour la lutte du régime contre le terrorisme par les autorités militaires.

L’Observatoire enjoint les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso à tout mettre en œuvre afin que le sort et la localisation d’Atiana Serge Oulon soient connus, qu’il soit libéré de façon immédiate et inconditionnelle et que toute la lumière soit faite sur son enlèvement et sa séquestration.

L’Observatoire appelle également les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso à garantir le droit à la liberté d’expression, tel que consacré par les standards internationaux relatifs aux droits humains, et particulièrement à l’Article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques des Nations Unies, et à l’Article 9 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mali : Enlèvement du journaliste et cyberactiviste Yeri Bocoum</title>
		<link>https://observatoryfordefenders.org/es/alert/mali-enlevement-du-journaliste-et-cyberactiviste-yeri-bocoum/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yasmine Louanchi]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Jun 2024 08:20:52 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://observatoryfordefenders.org/?post_type=alert&#038;p=22128</guid>

					<description><![CDATA[L'Observatoire a été informé de l’enlèvement de M. <strong>Yeri Bocoum</strong>, journaliste, cyberactiviste, vice-président de l’Association des professionnels des médias sociaux et web acteurs (APMSWA) et directeur du média en ligne indépendant <em>Yeri Bocoum Communication</em>. Yeri Bocoum est particulièrement engagé dans la dénonciation de la mauvaise gouvernance ainsi que des mauvaises conditions de vie économique au Mali.

Le 8 juin 2024 à 14h, Yeri Bocoum a été enlevé à son domicile à Kati, au nord-ouest de Bamako, par des individus non identifiés et a été emmené vers une destination inconnue. Selon des témoins de la scène, des hommes en civil à bord d'un véhicule sont venus le chercher devant chez lui, il se serait débattu mais aurait fini par être emmené. Au moment de la publication de cet Appel Urgent, le sort et le lieu où se trouve Yeri Bocoum sont toujours inconnus, et ses proches et son organisation restent sans nouvelles de sa part.

L’enlèvement de Yeri Bocoum serait lié à sa couverture en tant que journaliste d’une manifestation spontanée contre la vie chère et le manque d’électricité, organisée le 7 juin 2024 devant la Chambre du commerce et d’industrie du Mali à Bamako par la Synergie d'Action pour le Mali, une coalition d'organisations de la société civile et de regroupements politiques, constituée le 17 février 2024. M. Bocoum était l’un des rares journalistes à couvrir cet événement. Il avait <a href="https://click.mailerlite.com/link/c/YT0yNTA5NzEyOTQzNDE1ODI1NjgzJmM9ZzNtNSZiPTEzMzQ3NzYyMDMmZD1qMGE2cDZn.wJ6ZllERFpLs2ewPPQsUTk4N_1iKEPDdbJw7x9vYASE" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1334776203">interviewé</a> M. Youssouf Daba Diawara, l’un des portes paroles de la Synergie d’action.

L'Observatoire rappelle que cet enlèvement s'inscrit dans un contexte de restriction de la liberté d’expression et de multiplication des attaques à l'encontre des défenseur·es des droits humains et des journalistes au Mali. Les services de renseignement maliens, notamment l’Agence Nationale de la Sécurité d’État (ANSE), ont multiplié depuis 2023 les enlèvements et détentions au secret de défenseur·es, y compris de journalistes. Celles et ceux d’entre elles et eux qui dénoncent la mauvaise gouvernance, la vie chère, la crise énergétique et les violations des droits humains commises par les autorités de transition au pouvoir et par les groupes armés sont la cible de menaces, d’actes d’intimidation, de harcèlement judiciaire, d’enlèvements et de détentions arbitraires. Depuis décembre 2022, au moins sept défenseur·es des droits humains ont été enlevé·es dans le pays, dont Sory Koné, directeur de la Radio Danaya de Souba, enlevé le 26 janvier 2023 à Ségou et toujours porté disparu et Idriss Martinez Konipo, directeur de la page Mediatik TV, enlevé à Bamako le 28 avril 2023 et libéré deux jours plus tard, le 30 avril 2023. Par ailleurs, le 7 novembre 2023, <a href="https://click.mailerlite.com/link/c/YT0yNTA5NzEyOTQzNDE1ODI1NjgzJmM9ZzNtNSZiPTEzMzQ3NzYyMDQmZD1wOXM5ejJt.3P9XobwQUjnJ_t4iymoO7bcRdm995iRWMUVWlp7FY3M" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1334776204">le journaliste Abdoul Aziz Djibrilla a été tué et ses partenaires Saleck Ag Jiddou et Moustapha Koné</a> ont été enlevés au nord du Mali par un groupe armé non identifié. Les organisations de défense des droits humains, notamment Reporters sans frontières, ont <a href="https://click.mailerlite.com/link/c/YT0yNTA5NzEyOTQzNDE1ODI1NjgzJmM9ZzNtNSZiPTEzMzQ3NzYyMDUmZD1pNnUyYjZ5.NgNguyLJd0Zi0hScCMjjVr2tiJaHR6wFw1CLZyP3-ko" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1334776205">dénoncé</a> le silence des autorités de la transition maliennes suite à ces évènements, observant la faible volonté des autorités de protéger les journalistes. En juillet 2023, la cyberactiviste Rokiatou Doumbia a été arrêtée pour avoir critiqué les résultats économiques et les politiques de sécurité publique des autorités de transition au pouvoir, puis a été condamnée en août 2023 à un an de prison.

L'Observatoire condamne fermement l’enlèvement et la disparition forcée de Yeri Bocoum, qui ne semblent viser qu'à restreindre sa liberté d’expression et à entraver ses activités légitimes de défense des droits humains.

L'Observatoire exhorte les autorités de transition au pouvoir au Mali à mener une enquête indépendante, rigoureuse et impartiale sur la disparition de Yeri Bocoum et à tout mettre en œuvre pour permettre sa libération. L’Observatoire appelle par ailleurs les autorités de transition au pouvoir à mettre fin à tout acte de harcèlement et à tout acte d'intimidation à l'encontre de Yeri Bocoum, ainsi que de tou·tes les défenseur·es des droits humains dans le pays.

L'Observatoire appelle enfin les autorités de transition au pouvoir au Mali à garantir en toutes circonstances le droit à la liberté d'expression et à la liberté de réunion pacifique telles que consacrées par le droit international des droits humains, et en particulier les articles 19 et 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel le Mali est partie.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[L'Observatoire a été informé de l’enlèvement de M. <strong>Yeri Bocoum</strong>, journaliste, cyberactiviste, vice-président de l’Association des professionnels des médias sociaux et web acteurs (APMSWA) et directeur du média en ligne indépendant <em>Yeri Bocoum Communication</em>. Yeri Bocoum est particulièrement engagé dans la dénonciation de la mauvaise gouvernance ainsi que des mauvaises conditions de vie économique au Mali.

Le 8 juin 2024 à 14h, Yeri Bocoum a été enlevé à son domicile à Kati, au nord-ouest de Bamako, par des individus non identifiés et a été emmené vers une destination inconnue. Selon des témoins de la scène, des hommes en civil à bord d'un véhicule sont venus le chercher devant chez lui, il se serait débattu mais aurait fini par être emmené. Au moment de la publication de cet Appel Urgent, le sort et le lieu où se trouve Yeri Bocoum sont toujours inconnus, et ses proches et son organisation restent sans nouvelles de sa part.

L’enlèvement de Yeri Bocoum serait lié à sa couverture en tant que journaliste d’une manifestation spontanée contre la vie chère et le manque d’électricité, organisée le 7 juin 2024 devant la Chambre du commerce et d’industrie du Mali à Bamako par la Synergie d'Action pour le Mali, une coalition d'organisations de la société civile et de regroupements politiques, constituée le 17 février 2024. M. Bocoum était l’un des rares journalistes à couvrir cet événement. Il avait <a href="https://click.mailerlite.com/link/c/YT0yNTA5NzEyOTQzNDE1ODI1NjgzJmM9ZzNtNSZiPTEzMzQ3NzYyMDMmZD1qMGE2cDZn.wJ6ZllERFpLs2ewPPQsUTk4N_1iKEPDdbJw7x9vYASE" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1334776203">interviewé</a> M. Youssouf Daba Diawara, l’un des portes paroles de la Synergie d’action.

L'Observatoire rappelle que cet enlèvement s'inscrit dans un contexte de restriction de la liberté d’expression et de multiplication des attaques à l'encontre des défenseur·es des droits humains et des journalistes au Mali. Les services de renseignement maliens, notamment l’Agence Nationale de la Sécurité d’État (ANSE), ont multiplié depuis 2023 les enlèvements et détentions au secret de défenseur·es, y compris de journalistes. Celles et ceux d’entre elles et eux qui dénoncent la mauvaise gouvernance, la vie chère, la crise énergétique et les violations des droits humains commises par les autorités de transition au pouvoir et par les groupes armés sont la cible de menaces, d’actes d’intimidation, de harcèlement judiciaire, d’enlèvements et de détentions arbitraires. Depuis décembre 2022, au moins sept défenseur·es des droits humains ont été enlevé·es dans le pays, dont Sory Koné, directeur de la Radio Danaya de Souba, enlevé le 26 janvier 2023 à Ségou et toujours porté disparu et Idriss Martinez Konipo, directeur de la page Mediatik TV, enlevé à Bamako le 28 avril 2023 et libéré deux jours plus tard, le 30 avril 2023. Par ailleurs, le 7 novembre 2023, <a href="https://click.mailerlite.com/link/c/YT0yNTA5NzEyOTQzNDE1ODI1NjgzJmM9ZzNtNSZiPTEzMzQ3NzYyMDQmZD1wOXM5ejJt.3P9XobwQUjnJ_t4iymoO7bcRdm995iRWMUVWlp7FY3M" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1334776204">le journaliste Abdoul Aziz Djibrilla a été tué et ses partenaires Saleck Ag Jiddou et Moustapha Koné</a> ont été enlevés au nord du Mali par un groupe armé non identifié. Les organisations de défense des droits humains, notamment Reporters sans frontières, ont <a href="https://click.mailerlite.com/link/c/YT0yNTA5NzEyOTQzNDE1ODI1NjgzJmM9ZzNtNSZiPTEzMzQ3NzYyMDUmZD1pNnUyYjZ5.NgNguyLJd0Zi0hScCMjjVr2tiJaHR6wFw1CLZyP3-ko" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1334776205">dénoncé</a> le silence des autorités de la transition maliennes suite à ces évènements, observant la faible volonté des autorités de protéger les journalistes. En juillet 2023, la cyberactiviste Rokiatou Doumbia a été arrêtée pour avoir critiqué les résultats économiques et les politiques de sécurité publique des autorités de transition au pouvoir, puis a été condamnée en août 2023 à un an de prison.

L'Observatoire condamne fermement l’enlèvement et la disparition forcée de Yeri Bocoum, qui ne semblent viser qu'à restreindre sa liberté d’expression et à entraver ses activités légitimes de défense des droits humains.

L'Observatoire exhorte les autorités de transition au pouvoir au Mali à mener une enquête indépendante, rigoureuse et impartiale sur la disparition de Yeri Bocoum et à tout mettre en œuvre pour permettre sa libération. L’Observatoire appelle par ailleurs les autorités de transition au pouvoir à mettre fin à tout acte de harcèlement et à tout acte d'intimidation à l'encontre de Yeri Bocoum, ainsi que de tou·tes les défenseur·es des droits humains dans le pays.

L'Observatoire appelle enfin les autorités de transition au pouvoir au Mali à garantir en toutes circonstances le droit à la liberté d'expression et à la liberté de réunion pacifique telles que consacrées par le droit international des droits humains, et en particulier les articles 19 et 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel le Mali est partie.]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Burkina Faso : Enlèvement et disparition forcée du Dr Daouda Diallo</title>
		<link>https://observatoryfordefenders.org/es/alert/burkina-faso-enlevement-et-disparition-forcee-du-dr-daouda-diallo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yasmine Louanchi]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Dec 2023 16:26:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[L’Observatoire a été informé de l’enlèvement et de la disparition forcée du Dr <strong>Daouda Diallo</strong>, pharmacien et défenseur des droits humains. Le Dr Diallo est le fondateur et le secrétaire général du Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés au Burkina Faso (CISC). Il est également <a href="https://click.mailerlite.com/link/c/YT0yMzYyNTYzNzk0MDQ5MTc2Njc5JmM9dTljNSZiPTEyNTExNTE3NDYmZD12OWMwbDlu.I1n0qUhztzkYAZYZDsFC4-KZxMjpfcJOXiDdsHsdHzI" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1251151746">lauréat 2022 du Prix Martin Ennals</a><a href="https://click.mailerlite.com/link/c/YT0yMzYyNTYzNzk0MDQ5MTc2Njc5JmM9dTljNSZiPTEyNTExNTE3NDcmZD1wMXg1aDB1.Ep7L5IYzzF7pRJAoCBh8fzgdCMB9IR33CzdixLpWaKE" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1251151747"> pour les défenseur·es des droits humains</a>. Le CISC documente et dénonce depuis 2019 les violations des droits humains commises par toutes les parties au conflit qui sévit au Burkina Faso depuis 2015, et lutte contre la stigmatisation des communautés dans le pays.

Le 1er décembre, entre 16h et 17h, le Dr Daouda Diallo a été enlevé par sept individus en civil non identifiés à Ouagadougou, dans le parking de la Sûreté, service des passeports à Goughin, où il s’était rendu dans la matinée pour solliciter le renouvellement de son passeport. Sous prétexte que le commissaire était absent, il lui a été demandé de revenir après 14h. Suite à l’appel d’un agent de la Sûreté l’invitant à se présenter à 15h pour rencontrer le chef de service, le Dr Diallo a été reçu par un commissaire avec qui il s’est longuement entretenu. À sa sortie, et avant d’embarquer dans son véhicule garé au parking des locaux de la Sûreté, il a été interpelé par des individus en civil qui lui ont demandé s’il s’agissait de son véhicule et lui ont demandé de les suivre. Il a finalement été enlevé et conduit manu militari à bord d’un véhicule non identifié vers une destination inconnue. Ce modus operandi est proche de celui utilisé par l’Agence Nationale des Renseignements du Burkina Faso, ce qui fait craindre que le Dr Daouda Diallo soit soumis à une détention au secret.

Au moment de la publication de cet appel urgent, le sort et le lieu où se trouvait le Dr Daouda Diallo étaient toujours inconnus et malgré les recherches, sa famille et son organisation restaient sans nouvelles de sa part.

Le Dr Daouda Diallo, à l’instar de <strong>Rasmané Zinaba</strong> et <strong>Bassirou Badjo</strong>, membres du Balai citoyen, <strong>Issaka Lingani</strong> et <strong>Yacouba Ladji Bama</strong>, journalistes, et <strong>Gabin Korbéogo</strong>, secrétaire général de l'Organisation démocratique de la Jeunesse du Burkina Faso, figure sur la liste des personnes réquisitionnées début novembre 2023 pour se rendre sur le théâtre des opérations anti-terroristes, dans le cadre de l’application du « Décret portant mobilisation générale et mise en garde », adopté par les autorités burkinabè en avril 2023. Cependant, cette décision, que lui et les autres personnes réquisitionnées tentent de contester devant la justice burkinabè, ne lui a jamais été notifiée.

Un collectif d’avocats a saisi le tribunal administratif de Ouagadougou aux fins d’annulation des réquisitions pour « détournement de pouvoir ». Le 20 novembre 2023, leur requête en suspension desdites réquisitions a été rejetée et le tribunal s’est déclaré incompétent pour statuer sur le fond. En attendant une éventuelle procédure parallèle visant à statuer sur la légalité ou non de ces réquisitions, le collectif d’avocats a demandé un « référé liberté ». Le tribunal devait se prononcer sur ladite requête le 1er décembre 2023 mais a finalement décidé de reporter l’audience au 6 décembre 2023 à la demande de l’Agent judiciaire de l’État.

L’Observatoire rappelle qu’en raison de leur travail de défense des droits humains, le Dr Docteur Diallo et d’autres défenseur·es du Burkina Faso font régulièrement l’objet de nombreuses menaces, de messages de haine, d’incitations à la violence et d’atteintes à leur vie privée.

L’Observatoire condamne fermement l’enlèvement et la disparition forcée du Dr Daouda Diallo, qui lui fait courir un risque sérieux de subir des actes de torture et de traitements inhumains et dégradants.

L’Observatoire enjoint la junte militaire au pouvoir au Burkina Faso à tout mettre en œuvre afin que le sort et la localisation du Dr Daouda Diallo soient connus, qu’il soit libéré de façon immédiate et inconditionnelle et que toute la lumière soit faite sur son enlèvement et sa séquestration.

L’Observatoire condamne également le recours systématique à l’enrôlement forcé comme supplétifs de l'armée (VDP) et l’utilisation des réquisitions comme arme de musellement et d’attaque des défenseur·es. Ces actes, portant un coup sévère à la liberté d’expression au Burkina Faso où l’espace civique est drastiquement réduit depuis l’avènement du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration II (MPSR II) suite au coup d’État d’Ibrahim Traoré en septembre 2022, constituent des violations flagrantes des textes régionaux et internationaux en matière de droits humains. Plusieurs organisations de la société civile du Burkina Faso se sont indignées de l’utilisation des réquisitions comme arme de musellement et d’attaque contre les défenseurs des droits humains et des voix discordantes.

L’Observatoire appelle également la junte militaire au pouvoir au Burkina Faso à garantir le droit à la liberté d’expression, tel que consacré par les standards internationaux relatifs aux droits humains, et particulièrement à l’Article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques des Nations Unies, et à l’Article 9 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[L’Observatoire a été informé de l’enlèvement et de la disparition forcée du Dr <strong>Daouda Diallo</strong>, pharmacien et défenseur des droits humains. Le Dr Diallo est le fondateur et le secrétaire général du Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés au Burkina Faso (CISC). Il est également <a href="https://click.mailerlite.com/link/c/YT0yMzYyNTYzNzk0MDQ5MTc2Njc5JmM9dTljNSZiPTEyNTExNTE3NDYmZD12OWMwbDlu.I1n0qUhztzkYAZYZDsFC4-KZxMjpfcJOXiDdsHsdHzI" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1251151746">lauréat 2022 du Prix Martin Ennals</a><a href="https://click.mailerlite.com/link/c/YT0yMzYyNTYzNzk0MDQ5MTc2Njc5JmM9dTljNSZiPTEyNTExNTE3NDcmZD1wMXg1aDB1.Ep7L5IYzzF7pRJAoCBh8fzgdCMB9IR33CzdixLpWaKE" target="_blank" rel="noopener" data-link-id="1251151747"> pour les défenseur·es des droits humains</a>. Le CISC documente et dénonce depuis 2019 les violations des droits humains commises par toutes les parties au conflit qui sévit au Burkina Faso depuis 2015, et lutte contre la stigmatisation des communautés dans le pays.

Le 1er décembre, entre 16h et 17h, le Dr Daouda Diallo a été enlevé par sept individus en civil non identifiés à Ouagadougou, dans le parking de la Sûreté, service des passeports à Goughin, où il s’était rendu dans la matinée pour solliciter le renouvellement de son passeport. Sous prétexte que le commissaire était absent, il lui a été demandé de revenir après 14h. Suite à l’appel d’un agent de la Sûreté l’invitant à se présenter à 15h pour rencontrer le chef de service, le Dr Diallo a été reçu par un commissaire avec qui il s’est longuement entretenu. À sa sortie, et avant d’embarquer dans son véhicule garé au parking des locaux de la Sûreté, il a été interpelé par des individus en civil qui lui ont demandé s’il s’agissait de son véhicule et lui ont demandé de les suivre. Il a finalement été enlevé et conduit manu militari à bord d’un véhicule non identifié vers une destination inconnue. Ce modus operandi est proche de celui utilisé par l’Agence Nationale des Renseignements du Burkina Faso, ce qui fait craindre que le Dr Daouda Diallo soit soumis à une détention au secret.

Au moment de la publication de cet appel urgent, le sort et le lieu où se trouvait le Dr Daouda Diallo étaient toujours inconnus et malgré les recherches, sa famille et son organisation restaient sans nouvelles de sa part.

Le Dr Daouda Diallo, à l’instar de <strong>Rasmané Zinaba</strong> et <strong>Bassirou Badjo</strong>, membres du Balai citoyen, <strong>Issaka Lingani</strong> et <strong>Yacouba Ladji Bama</strong>, journalistes, et <strong>Gabin Korbéogo</strong>, secrétaire général de l'Organisation démocratique de la Jeunesse du Burkina Faso, figure sur la liste des personnes réquisitionnées début novembre 2023 pour se rendre sur le théâtre des opérations anti-terroristes, dans le cadre de l’application du « Décret portant mobilisation générale et mise en garde », adopté par les autorités burkinabè en avril 2023. Cependant, cette décision, que lui et les autres personnes réquisitionnées tentent de contester devant la justice burkinabè, ne lui a jamais été notifiée.

Un collectif d’avocats a saisi le tribunal administratif de Ouagadougou aux fins d’annulation des réquisitions pour « détournement de pouvoir ». Le 20 novembre 2023, leur requête en suspension desdites réquisitions a été rejetée et le tribunal s’est déclaré incompétent pour statuer sur le fond. En attendant une éventuelle procédure parallèle visant à statuer sur la légalité ou non de ces réquisitions, le collectif d’avocats a demandé un « référé liberté ». Le tribunal devait se prononcer sur ladite requête le 1er décembre 2023 mais a finalement décidé de reporter l’audience au 6 décembre 2023 à la demande de l’Agent judiciaire de l’État.

L’Observatoire rappelle qu’en raison de leur travail de défense des droits humains, le Dr Docteur Diallo et d’autres défenseur·es du Burkina Faso font régulièrement l’objet de nombreuses menaces, de messages de haine, d’incitations à la violence et d’atteintes à leur vie privée.

L’Observatoire condamne fermement l’enlèvement et la disparition forcée du Dr Daouda Diallo, qui lui fait courir un risque sérieux de subir des actes de torture et de traitements inhumains et dégradants.

L’Observatoire enjoint la junte militaire au pouvoir au Burkina Faso à tout mettre en œuvre afin que le sort et la localisation du Dr Daouda Diallo soient connus, qu’il soit libéré de façon immédiate et inconditionnelle et que toute la lumière soit faite sur son enlèvement et sa séquestration.

L’Observatoire condamne également le recours systématique à l’enrôlement forcé comme supplétifs de l'armée (VDP) et l’utilisation des réquisitions comme arme de musellement et d’attaque des défenseur·es. Ces actes, portant un coup sévère à la liberté d’expression au Burkina Faso où l’espace civique est drastiquement réduit depuis l’avènement du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration II (MPSR II) suite au coup d’État d’Ibrahim Traoré en septembre 2022, constituent des violations flagrantes des textes régionaux et internationaux en matière de droits humains. Plusieurs organisations de la société civile du Burkina Faso se sont indignées de l’utilisation des réquisitions comme arme de musellement et d’attaque contre les défenseurs des droits humains et des voix discordantes.

L’Observatoire appelle également la junte militaire au pouvoir au Burkina Faso à garantir le droit à la liberté d’expression, tel que consacré par les standards internationaux relatifs aux droits humains, et particulièrement à l’Article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques des Nations Unies, et à l’Article 9 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Uzbekistan: Abduction of Dauletmurat Tajimuratov and his relatives</title>
		<link>https://observatoryfordefenders.org/es/alert/uzbekistan-abduction-of-dauletmurat-tajimuratov-and-his-relatives/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yasmine Louanchi]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Jul 2022 00:18:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[The Observatory has been informed about the abduction of <strong>Dauletmurat Tajimuratov</strong> and his wife, two brothers, 8-year-old daughter and nephew in the city of Nukus, capital of the autonomous Republic of Karakalpakstan in Uzbekistan. Mr. Tajimuratov is a lawyer, independent journalist and defender of the rights of the Karakalpak national minority in Uzbekistan. These abductions took place amid a <a href="https://www.omct.org/en/resources/statements/uzbekistan-police-violence-leads-to-dozens-of-protesters-killed-and-injured" rel="external">brutal crackdown on civil society in the autonomous Republic of Karakalpakstan</a>, as well as the imposition of a one-month regional state of emergency and an Internet shutdown in the above-mentioned autonomous republic.

On June 30, 2022, at around 3 pm, Dauletmurat Tajimuratov publicly informed residents of Nukus about a peaceful protest against constitutional amendments earlier announced by the President of Uzbekistan, Mr. Shavkat Mirziyoyev. On June 26, 2022, the latter had announced a <a href="https://www.omct.org/en/resources/statements/uzbekistan-police-violence-leads-to-dozens-of-protesters-killed-and-injured" rel="external">series of constitutional amendments</a> including removal of the autonomous status of the Republic of Karakalpakstan. The protest against the amendments was planned for July 5, 2022, and the authorities, namely Mr. Murat Kamalov, Chairman of the Parliament of the Republic, had granted a permission for it.

Shortly after his speech, Uzbek National Security Service officers arbitrarily arrested Daletmurat Tajimuratov and his minor nephew at his home in Nukus. While Mr. Tajimuratov was released two hours later, the whereabouts of his nephew remained unknown at the time of publication of this Urgent Appeal. Following his release, Mr. Tajimuratov published a <a href="https://drive.google.com/file/d/1bnZibw7xAKui_9G1SUEr-MXJLwLFw4Kd/view" rel="external">video</a> in which he denounced the mistreatment he was subjected to in detention, including beatings on his chest. In the video, he renewed his call on Karakalpakstan citizens and civil society to protests against the above-mentioned proposed constitutional amendments.

On the same day, between 6 and 7pm, Dauletmurat Tajimuratov was abducted by alleged officers of the Uzbek National Security Service from his home in Nukus. His wife, daughter and his two brothers were also reportedly abducted. At the time of publication of this Urgent Appeal, their fate and whereabouts remained unknown. The Observatory expresses its grave concern over the high risk of torture and ill-treatment to which Mr. Tajimuratov and his relatives are exposed.

On July 1, 2022, massive protests against the proposed constitutional amendments broke out in Nukus. <a href="https://www.omct.org/en/resources/statements/uzbekistan-police-violence-leads-to-dozens-of-protesters-killed-and-injured" rel="external">The demonstration was peaceful</a> and special forces were present but did not intervene in the beginning. However, later that evening, authorities resorted to water cannons, rubber bullets, stun grenades and tear gas to disperse the protest. According to unconfirmed reports, some people were killed by law enforcement officers during the dispersal of the demonstrations.

On July 2, 2022, a new protest organised in Nukus was dispersed by law enforcement officers. The few <a href="https://rus.ozodlik.org/a/31927196.html" rel="external">videos</a> that circulated on social media on July 2 showed numerous bodies lying on the pavement, seemingly dead or badly injured. At least five peaceful protesters were <a href="https://www.omct.org/en/resources/statements/uzbekistan-police-violence-leads-to-dozens-of-protesters-killed-and-injured" rel="external">killed</a> between July 1 and 2, 2022.

While on July 2, 2022, the President of Uzbekistan turned down the plan to amend the Constitution, he declared a one-month state of emergency in the autonomous Republic of Karakalpakstan until August 2, 2022. Moreover, the region has been undergoing an Internet shutdown since June 26, 2022, which severely restricts human rights monitoring and reporting and obstructs the dissemination of information abroad.

The Observatory strongly condemns the abduction of Daultermurat Tajimuratov and his relatives, as well as the repression of peaceful protesters and civil society in the autonomous Republic of Karakalpakstan. The Observatory expresses its utmost concern over the Internet shutdown in the region, and fears that the authorities are using it to carry out arbitrary arrests and detentions, enforced disappearances as well as acts of torture and ill-treatment against arbitrarily detained individuals, including human rights defenders and independent journalists.

The Observatory urges the authorities of Uzbekistan to immediately disclose the fate and whereabouts of Daultermurat Tajimuratov and his relatives, to guarantee in all circumstances their physical integrity and psychological well-being, and to immediately and unconditionally release them.

The Observatory further urges the Uzbek authorities to lift the Internet shutdown as well as the state of emergency in the autonomous Republic of Karakalpakstan, to put an immediate end to the ongoing crackdown on the Karakalpak civil society, and to carry out independent and thorough investigations into all human rights violations perpetrated against peaceful protesters, human rights defenders and independent journalists since July 1, 2022.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[The Observatory has been informed about the abduction of <strong>Dauletmurat Tajimuratov</strong> and his wife, two brothers, 8-year-old daughter and nephew in the city of Nukus, capital of the autonomous Republic of Karakalpakstan in Uzbekistan. Mr. Tajimuratov is a lawyer, independent journalist and defender of the rights of the Karakalpak national minority in Uzbekistan. These abductions took place amid a <a href="https://www.omct.org/en/resources/statements/uzbekistan-police-violence-leads-to-dozens-of-protesters-killed-and-injured" rel="external">brutal crackdown on civil society in the autonomous Republic of Karakalpakstan</a>, as well as the imposition of a one-month regional state of emergency and an Internet shutdown in the above-mentioned autonomous republic.

On June 30, 2022, at around 3 pm, Dauletmurat Tajimuratov publicly informed residents of Nukus about a peaceful protest against constitutional amendments earlier announced by the President of Uzbekistan, Mr. Shavkat Mirziyoyev. On June 26, 2022, the latter had announced a <a href="https://www.omct.org/en/resources/statements/uzbekistan-police-violence-leads-to-dozens-of-protesters-killed-and-injured" rel="external">series of constitutional amendments</a> including removal of the autonomous status of the Republic of Karakalpakstan. The protest against the amendments was planned for July 5, 2022, and the authorities, namely Mr. Murat Kamalov, Chairman of the Parliament of the Republic, had granted a permission for it.

Shortly after his speech, Uzbek National Security Service officers arbitrarily arrested Daletmurat Tajimuratov and his minor nephew at his home in Nukus. While Mr. Tajimuratov was released two hours later, the whereabouts of his nephew remained unknown at the time of publication of this Urgent Appeal. Following his release, Mr. Tajimuratov published a <a href="https://drive.google.com/file/d/1bnZibw7xAKui_9G1SUEr-MXJLwLFw4Kd/view" rel="external">video</a> in which he denounced the mistreatment he was subjected to in detention, including beatings on his chest. In the video, he renewed his call on Karakalpakstan citizens and civil society to protests against the above-mentioned proposed constitutional amendments.

On the same day, between 6 and 7pm, Dauletmurat Tajimuratov was abducted by alleged officers of the Uzbek National Security Service from his home in Nukus. His wife, daughter and his two brothers were also reportedly abducted. At the time of publication of this Urgent Appeal, their fate and whereabouts remained unknown. The Observatory expresses its grave concern over the high risk of torture and ill-treatment to which Mr. Tajimuratov and his relatives are exposed.

On July 1, 2022, massive protests against the proposed constitutional amendments broke out in Nukus. <a href="https://www.omct.org/en/resources/statements/uzbekistan-police-violence-leads-to-dozens-of-protesters-killed-and-injured" rel="external">The demonstration was peaceful</a> and special forces were present but did not intervene in the beginning. However, later that evening, authorities resorted to water cannons, rubber bullets, stun grenades and tear gas to disperse the protest. According to unconfirmed reports, some people were killed by law enforcement officers during the dispersal of the demonstrations.

On July 2, 2022, a new protest organised in Nukus was dispersed by law enforcement officers. The few <a href="https://rus.ozodlik.org/a/31927196.html" rel="external">videos</a> that circulated on social media on July 2 showed numerous bodies lying on the pavement, seemingly dead or badly injured. At least five peaceful protesters were <a href="https://www.omct.org/en/resources/statements/uzbekistan-police-violence-leads-to-dozens-of-protesters-killed-and-injured" rel="external">killed</a> between July 1 and 2, 2022.

While on July 2, 2022, the President of Uzbekistan turned down the plan to amend the Constitution, he declared a one-month state of emergency in the autonomous Republic of Karakalpakstan until August 2, 2022. Moreover, the region has been undergoing an Internet shutdown since June 26, 2022, which severely restricts human rights monitoring and reporting and obstructs the dissemination of information abroad.

The Observatory strongly condemns the abduction of Daultermurat Tajimuratov and his relatives, as well as the repression of peaceful protesters and civil society in the autonomous Republic of Karakalpakstan. The Observatory expresses its utmost concern over the Internet shutdown in the region, and fears that the authorities are using it to carry out arbitrary arrests and detentions, enforced disappearances as well as acts of torture and ill-treatment against arbitrarily detained individuals, including human rights defenders and independent journalists.

The Observatory urges the authorities of Uzbekistan to immediately disclose the fate and whereabouts of Daultermurat Tajimuratov and his relatives, to guarantee in all circumstances their physical integrity and psychological well-being, and to immediately and unconditionally release them.

The Observatory further urges the Uzbek authorities to lift the Internet shutdown as well as the state of emergency in the autonomous Republic of Karakalpakstan, to put an immediate end to the ongoing crackdown on the Karakalpak civil society, and to carry out independent and thorough investigations into all human rights violations perpetrated against peaceful protesters, human rights defenders and independent journalists since July 1, 2022.]]></content:encoded>
					
		
		
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